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Le pape à Prato : pour un "travail digne" et contre "le cancer de la corruption"


Le souverain pontife prononce un discours, Florence, 10 novembre 2015.

Le souverain pontife prononce un discours, Florence, 10 novembre 2015.

Le pape, s'est adresse aux habitants de la petite cité toscane de Prato, capitale italienne du textile où travaillent des milliers de Chinois, a plaidé pour le droit à un "travail digne", fustigeant le "cancer de la corruption" et de "l'exploitation".

Arrivé en hélicoptère dans cette ville située à une vingtaine de kilomètres de Florence, François a fait une halte d'une heure et demie, accueilli par des milliers de fidèles.

"La sacralité de chaque être humain exige pour chacun respect, accueil et travail digne", a affirmé le pape, depuis la chaire du Duomo de Prato, donnant sur la place de la cathédrale et construit par Donatello.

Sortant alors de son discours officiel, Jorge Bergoglio, qui ne cesse de dénoncer les difficultés des travailleurs pauvres et des chômeurs, a tenu à saluer la mémoire "des cinq hommes et des deux femmes de nationalité chinoise, morts il y a deux ans dans la zone industrielle de Prato", avant d'être applaudi par la foule rassemblée sur la place bien avant l'aube.

En décembre 2013, sept ouvriers chinois avaient trouvé la mort lors de l'incendie de leur atelier clandestin, dont une partie avait été transformée en dortoir, provoquant une grande émotion en Italie.

"Ils vivaient et dormaient à l'intérieur du hangar industriel dans lequel ils travaillaient: dans un coin, avait été installé un petit dortoir en carton et en plâtre, avec des lits superposés pour profiter de la hauteur de la structure", a décrit le pape.

Dénonçant une "tragédie de l'exploitation et des conditions de vie inhumaines", François a lancé: "ceci n'est pas un travail digne!"

"La vie de chaque communauté exige que se combattent jusqu'au bout le cancer de la corruption, le cancer de l'exploitation de l'humain et du travail et le poison de l'illégalité", a ajouté le pape.

Dans une ville où vivent officiellement 19.000 Chinois mais où officieusement, ils seraient plutôt entre 30.000 et 50.000, François a remercié les habitants pour "leurs efforts constants pour intégrer chaque personne, en luttant contre la culture de l'indifférence (...)".

Le pape a également invité l'Eglise et les fidèles à ne pas laisser leur foi "enfermée dans une caisse", mais à prendre le "risque" de "marcher sur les chemins accidentés d'aujourd'hui".

Avant de prononcer son discours, Jorge Bergoglio avait vénéré la "Sacra cintola" (ceinture sacrée) de la Vierge. Selon la tradition, elle aurait été donnée par la mère de Jésus à saint Thomas puis apportée à Prato depuis la Terre sainte, au début du XIIe siècle, par un marchand de la ville.

Après avoir regagné le stade de Prato en papamobile, le pape est monté dans un hélicoptère pour se rendre à Florence où il doit notamment parler devant une assemblée des évêques italiens.

Avec AFP

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