Liens d'accessibilité

Le nouveau patron du FBI dénonce le simulacre de noyade


James Comey, justifiant ses positions devant les sénateurs au Congrès mardi

James Comey, justifiant ses positions devant les sénateurs au Congrès mardi

Lors d’une audition au Sénat mardi, le nouveau directeur du FBI, qui vient d’être nommé par le président Barack Obama, a qualifié le simulacre de noyage d’acte de torture, méthode d’interrogatoire donc illégale.

James Comey, 52 ans, a été désigné par M. Obama pour devenir le septième directeur du Federal Bureau of Investigation (FBI), la police fédérale. Il a fait l’objet d’un interrogatoire serré lors de cette audience à Capitol Hill, sur l'application des lois et la sécurité nationale.

M. Comey avait pris part à un débat houleux sur le simulacre de noyade sous l'ancienne administration de George W. Bush dans les années qui ont suivi les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

Le simulacre de noyade provoque une panique intense, et les services du renseignement américain s’en sont servi pendant un certain temps pour interroger les suspects de terrorisme détenus par la CIA. En 2004, M. Comey et l’ancien directeur du FBI, Robert Mueller, s'étaient précipités au chevet de l’ancien ministre de la Justice, John Ashcroft, à l’époque hospitalisé, pour dénoncer le recours à cette méthode.

M. Comey a dit à la commission judiciaire du Sénat que ses vues sur le simulacre de noyage n'ont pas changé. « Quand j'ai appris qu’on l’utilisait, ma réaction en tant que citoyen et dirigeant a été : C'est un acte de torture. C'est toujours ce que je pense », a-t-il déclaré.

Néanmoins, M. Comey était tombé d’accord par la suite avec l'administration Bush pour conclure que les techniques d’interrogatoire dites « renforcées » sont légales. C’est ce qui a poussé le sénateur Patrick Leahy à demander des précisions.

« Acceptez-vous que le simulacre de noyade est une forme de torture, et donc, reste illégal? » a demandé M. Leahy. « Oui », a répondu M. Comey, faisant valoir que le FBI n'a jamais eu recours à cette technique, et ne le ferait pas s'il était confirmé dans ses nouvelles fonctions à la tête de l’agence.

M. Comey a également exposé ses vues sur les vastes programmes nationaux de collecte de données, et les préoccupations qu’ils suscitent quant aux droits des Américains à la vie privée. Mais il s’est abstenu de commenter le cas d’Edward Snowden, ancien contractuel à la National Security Agency (NSA).

M. Comey a également défendu l'indépendance et l'intégrité des instances judiciaires spéciales, connu sous le nom de tribunaux FISA, qui approuvent les opérations de surveillance par écoutes téléphoniques. Lorsqu'on lui a demandé si les drones peuvent être utilisés pour tuer des citoyens américains sur le sol américain, il a répondu fermement : « Non ».
XS
SM
MD
LG