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Le nouveau calendrier électoral est un passage en force de Nkurunziza, selon l’opposition burundaise


Pierre Nkurunziza, président du Burundi

Pierre Nkurunziza, président du Burundi

L'opposition et la société civile burundaise l'ont affirmé mercredi, en réaction au décret du président Pierre Nukurunziza confirmant les nouvelles dates des élections proposées par la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Un décret présidentiel publié mercredi a fixé au 29 juin les législatives et communales (initialement prévues le 26 mai) et au 15 juillet la présidentielle d'abord programmée pour le 26 juin dans ce pays plongé, depuis fin avri,l dans une grave crise politique, marquée par une quarantaine de morts.

"Ce calendrier est une décision unilatérale, un passage en force", a réagi Agathon Rwasa, ancien chef historique de la rébellion hutu des FNL et principal opposant au président Nkurunziza. "On ne refuse pas les élections, mais il y a des conditions qui doivent être remplies et c'est possible avec de la bonne volonté".

"Comment aller aux élections quand des gens sont assassinés, lorsque les Imbonerakure (membres de la Ligue de jeunesse du parti présidentiel CNDD-FDD) sont encore armés, lorsqu'il n'y a plus de CENI (Commission électorale), lorsque les médias indépendants (détruits, ndlr) ne sont pas encore rétablis, lorsque des leaders politiques ne sont pas sécurisés?", a-t-il lancé.

Charles Nditije, ex-président de l'Uprona (principal parti tutsi) et désormais allié de M. Rwasa au sein de la coalition des "Indépendants de l'espoir", a dénoncé "une fuite en avant du chef de l'Etat, se moquant éperdument des conseils des chefs d'Etat de la région qui avaient demandé un dialogue afin que nous convenions des conditions d'une élection apaisée".

"On rejette ce calendrier", a-t-il affirmé, menaçant de ne pas participer en l'état aux élections: "on va tout faire plutôt pour qu'elles n'aient pas lieu, car c'est une mascarade. J'ose espérer que la communauté internationale ne validera jamais les résultats de ces scrutins".

Me Vital Nshimirimana, un des dirigeants du Collectif "Halte au 3e mandat", rassemblant la société civile et les syndicats, a, lui aussi, dénoncé "une démarche unilatérale et un forcing" du président Nkurunziza.

L'opposition et la société civile estiment que la CENI ne dispose plus de quorum pour prendre des décisions, deux de ses cinq membres ayant démissionné et fui le pays.

Avec AFP

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