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Le nord du Cameroun, lourdement pénalisé par le paludisme


Des victimes du paludisme au Congo

Des victimes du paludisme au Congo

Recrudescence du paludisme dans la ville de Maroua, dans l'extrême nord du Cameroun. On signale des centaines de morts. Plus de 10.000 personnes ont été traitées le mois dernier, et les hôpitaux et dispensaires sont débordés.

Selon la radio officielle, un nombre sans précédents de personnes ont souffert de la maladie ces trois dernières semaines. Les hôpitaux dans l'extrême nord du Cameroun souffrent de pénuries de personnel. Les femmes et les femmes enceintes sont les plus touchées par la maladie, signalent les autorités.

Les dix hôpitaux publics de la région ont traité plus de 10.000 patients mais impossible d’obtenir des données fiables sur le nombre de victimes du paludisme traitées dans les hôpitaux et cliniques privés.

Palai Monique, une infirmière en pédiatrie à l'hôpital régional de Maroua, a déclaré à Voix de l’Amérique (VOA) que la situation est alarmante.

« Toutes nos salles ont été occupés par des personnes souffrant de paludisme, en particulier les enfants âgés d’un jour à 15 ans », dit-elle. « Il y a eu des moments où nous n'avions pas d'espace, même pour les cas les plus graves, et nous avons enregistré des situations où les enfants sont décédés dès leur arrivée » a-t-elle poursuivi.

La presse camerounaise évoque la mort d’un millier de personnes au moins, tandis que la radio officielle parle de 600 décès.

Un responsable du programme de lutte contre le paludisme au Cameroun, le Dr Etienne Fonjo, a reconnu que la mortalité infantile a augmenté en raison de la recrudescence de la maladie.

« Le paludisme demeure un problème de santé publique », dit-il. « A ce jour, la morbidité a augmenté de 27 % ». Toujours selon le médecin, il est difficile de venir en aide aux patients ne disposant que de moyens limités. Les enfants de moins de cinq ans ont droit à un traitement gratuit, de même que les femmes enceintes, et des moustiquaires imprégnées d’insecticides ont été distribuées, a fait valoir le Dr Fonjo.

Les responsables de la santé publique attribuent l’épidémie de paludisme au refus des Camerounais d’utiliser les moustiquaires imprégnées d'insecticide au-dessus de leurs lits, et au fait que beaucoup de gens ne respectent pas les normes d'hygiène élémentaires. Par ailleurs, nombre de Camerounais hésitent à se rendre dans les centres de santé lorsqu’ils tombent malades, d’autant que nombreux sont ceux qui n’ont pas les moyens de se faire soigner.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) rappelle que les malades doivent rapidement consulter un médecin, le paludisme pouvant tuer un enfant en six heures.
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