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Le Nigeria reprend ses paiements aux ex-rebelles du delta pétrolier


Des combattants du Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEDN) patrouillent dans les ruisseaux de la rivière Bonny, près de l'usine de GNL, dans la région pétrolière du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, 18 septembre 2008. EPA / GEORGE Esi

Des combattants du Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEDN) patrouillent dans les ruisseaux de la rivière Bonny, près de l'usine de GNL, dans la région pétrolière du delta du Niger, dans le sud du Nigeria, 18 septembre 2008. EPA / GEORGE Esi

Le Nigeria a repris le versement d'argent à d'anciens rebelles du Delta du Niger dans le cadre d'un programme d'amnistie dont l'interruption s'était traduite par un regain d'attaques d'installations pétrolières.

"Le paiement d'allocations se poursuit. Nous avons eu des problèmes de logistique que nous avons résolus", a déclaré à l'AFP Owei Lakemfa, porte-parole du programme introduit en 2009 pour mettre fin à des années de violences de militants exigeant une meilleure répartition des revenus du pétrole exploité dans le Sud au bénéfice des populations locales.

"Nous avons eu un trou dans la caisse - 20 milliards de nairas (56 millions d'euros) ont été approuvés cette année contre 64 milliards en 2015. Mais des fonds supplémentaires ont été fournis et les bénéficiaires reçoivent leur salaire via la Banque centrale", a-t-il ajouté.

L'avenir du programme dont bénéficiaient les ex-rebelles du Mouvement pour l'émancipation du delta du Niger (MEND) a paru menacé par l'arrivée au pouvoir en mai 2015 du président Muhammadu Buhari.

L'annonce par les autorités de la fin de ce programme d'amnistie pour 2018 a coïncidé avec de nouvelles attaques menées depuis février sous la bannière des Vengeurs du Delta du Niger, un groupe jusqu'alors inconnu qui affirme militer pour la sécession de cette région pétrolifère stratégique.

Les attaques de plateformes et oléoducs de la compagnie nationale et de multinationales comme Shell, Chevron, Exxon et Eni ont fait chuter d'un tiers la production de brut du premier pays pétrolier d'Afrique, déjà touché par la chute des cours au niveau mondial.

Selon le programme de 2009, un rebelle renonçant à la violence reçoit 65.000 nairas (204 dollars) par mois. Quelque 30.000 militants bénéficient de cet accord, a déclaré M. Lakemfa sans se prononcer sur son avenir.

"La décision de sortir du système appartient au président", a-t-il dit.

Des bénéficiaires de l'amnistie, en particulier des militants envoyés étudier à l'étranger avec des bourses, se sont plaints de ne plus recevoir leur allocation.

Mais M. Lakemfa a assuré qu'on s'occupait aussi les étudiants. "Il n'y a aucun problème avec les gens en formation à l'étranger, leur frais de scolarité et allocations sont payés sur le champ", a-t-il ajouté.

Selon des responsables, entre 15.000 et 20.000 anciens rebelles devraient achever cette année leur programme de formation technique ou théorique censés les réintégrer dans la société.

Les Vengeurs du Delta ont rejeté toute trêve avec le gouvernement tant que leurs exigences ne sont pas satisfaites: le départ des multinationales et l'auto-détermination de la région.

Avec AFP

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