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Le Maroc dénonce les "manoeuvres d'obstruction" de la patronne de l'UA


Nkosazana Clarice Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA), à Genève, Suisse, le 24 mai 2016.

Nkosazana Clarice Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA), à Genève, Suisse, le 24 mai 2016.

Le Maroc a dénoncé mercredi "les nouvelles manoeuvres" de la présidente de la Commission de l'Union Africaine (UA) pour faire "obstruction" au retour du royaume au sein de l'organisation continentale.

Dans un communiqué particulièrement virulent, le ministère des Affaires étrangères accuse la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma de "tenter de contrarier la décision du Maroc de regagner sa place naturelle et légitime au sein de sa famille institutionnelle panafricaine".

Le roi Mohammed VI avait souhaité mi-juillet le retour au plus vite de son pays au sein de l'UA, que Rabat avait quittée en 1984 pour protester contre l'admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) du Front Polisario.

Mme Dlamini-Zuma avait déjà "retardé, de manière injustifiée, la diffusion de la demande du Maroc aux membres de l'UA" en septembre, explique le communiqué.

Elle "poursuit son élan d'obstruction, en improvisant une nouvelle exigence procédurale, inédite et sans fondement (...) par laquelle elle rejetterait arbitrairement les lettres de soutien (au Maroc) des Etats membres de l'UA", affirme le ministère des Affaires étrangères, qui ne précise cependant pas la procédure en question.

En agissant ainsi, Mme Dlamini-Zuma "se met en contradiction avec son devoir de neutralité, les règles et les normes de l'UA et la volonté de ses Etats membres", estime Rabat.

Le retour dans l'UA doit être validé par un vote des Etats membres à la majorité des deux tiers (soit 36 pays). Elle donne lieu à une sourde lutte d'influence avec l'Algérie dans les couloirs de l'organisation, qui doit se réunir en sommet début 2017 à Addis Abeba.

Le royaume mène depuis quelques mois une vaste offensive diplomatique pour obtenir les soutiens nécessaires à sa réintégration, avec en toile de fond la question du Sahara occidental, ex-colonie espagnole contrôlée depuis 1975 par Rabat, et dont le Front Polisario, soutenu par Alger, réclame l'indépendance.

"Le Maroc dispose à ce jour, documents à l'appui, du soutien et de la pleine adhésion d'une grande majorité d'Etats membres, largement supérieure à celle requise par l'Acte Constitutif de l'UA", souligne le communiqué.

Dans la foulée de ce communiqué, le site d'info en ligne Le360 (proche de l'entourage du palais) tire à boulets rouge sur la patronne de la commission de l'UA, dont la conduite, marquée par un "manque de neutralité criant", est selon lui "dictée" par Alger.

Selon une source diplomatique algérienne, cité en début de semaine par la presse algérienne, la demande d'adhésion du Maroc à l'UA devrait faire l'objet d'un "examen politique" avant de statuer sur sa recevabilité.

Pour Le360, les responsables algériens "ont soufflé cette idée ingénieuse à la présidente de la commission de l'UA", une "manoeuvre grossière" alors que le Maroc "dispose du soutien de la majorité des Etats membres" et répond "à la lettre aux critères d'admission dans l'UA".

Avec AFP

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