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Le correspondant de VOA Afrique brièvement arrêté à Goma en marge d'un sit-in de LUCHA


Charly Kasereka, journaliste de VOA Afrique en RDC, a été interpellé pendant une manifestation.

Charly Kasereka, journaliste de VOA Afrique en RDC, a été interpellé pendant une manifestation.

Charly Kasereka, l'un de nos correspondants en République démocratique du Congo, raconte son interpellation par les forces de l'ordre dans la capitale du Nord-Kivu

‘’Nous étions deux journalistes, et nous faisions simplement notre travail devant le quartier général de la Monusco, où une vingtaine des jeunes de la Lucha étaient assis en signe de protestation, pour demander à la Monusco ‘’plus d’actions pour sécuriser Beni‘’.

Charly Kasereka explique qu'"après une trentaine de minutes de manifestation, la police a surgi, et rapidement, une dizaine des policiers sont descendus de leurs voitures pour arrêter brutalement les jeunes de la LUCHA et les embarquer manu-militari très violemment dans leurs véhicules."

Le correspondant de VOA Afrique à Goma était "dans un coin, un peu isolé, pour filmer cette arrestation en tant que journaliste."

Très vite, selon Charly Kasereka, "un agent de renseignement en tenue de civil m’a montré du doigt en disant : ‘’Lui là, il filme". Un autre policier - lui aussi en tenue de civil - s’approche avec l'autre agent et me demande ma caméra afin d'effacer tout ce que je venais de filmer sur place. J’ai sorti ma carte de presse. Le deuxième policier m'a dit "c’est bon, comme tu es journaliste, mais tu dois effacer tout ce que tu viens de filmer ici".

Les policiers ordonnent à notre journaliste de lui donner son appareil : "On va avec toi auprès de mon chef".

Charly Kasereka explique avoir parcouru "une distance de 300 mètres, à trois sur une moto, avant qu'il ne me demande de monter calmement dans une Jeep où se trouvent huit policiers et un de mes autres confrères, journaliste à B-One."

Les deux journalistes sont conduits "au bureau de la police dans l’enceinte de la mairie de Goma" où Charly Kasereka confirme avoir "vu cinq jeunes de Lucha et un passant qui filmait avec son portable" derrière les barreaux.

Selon notre journaliste, "dans le bureau du chef de la police, nous discutons calmement, nous profitons d’ailleurs pour lui faire part nos observations sur ce qui s’est passé lors de l’arrestation de ces jeunes de la Lucha."

Après 45 minutes passées dans ce bureau, le chef de la police rend sa caméra et demande d’effacer les images prises durant le sit-in.

"Nous obéissons et exécutons avant qu’il nous dise de partir", conclut Charly Kasereka

VOA Afrique condamne toute entrave à liberté de la presse et demande aux autorités congolaises d'assurer le respect du travail des journalistes en RDC.

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