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Le groupe Etat islamique annonce l’exécution de deux otages


Extrait d'une vidéo de propagande du groupe Etat Islamique datant de septembre 2014.

Extrait d'une vidéo de propagande du groupe Etat Islamique datant de septembre 2014.

Le groupe Etat islamique (EI) a annoncé l'exécution de deux otages chinois et norvégien, deux mois après avoir réclamé une rançon pour leur libération, selon la dernière édition du magazine de propagande de l'organisation jihadiste publiée sur internet mercredi.

Dans son numéro 12, le magazine Dabiq publie les photos des corps des deux otages présumés au visage ensanglanté, frappées d'un grand bandeau en jaune sur lequel est écrit: "Exécutés après avoir été abandonnés par les nations et les organisations infidèles".

Sous le titre "le sort de deux prisonniers", il montre l'image de deux hommes les yeux bandés et la tête ensanglantée, visiblement tués par balles.

Le Premier ministre norvégien, Mme Erna Solberg, a condamné "une attaque révulsante et barbare".

"Nous n'avons à ce stade aucune raison (...) de douter du contenu" de la photo, a-t-elle dit lors d'une conférence de presse à Oslo, indiquant que son authenticité était en cours de vérification.

Sur la foi de photos et vidéos envoyées par l'EI pour appuyer ses demandes de rançon, le chef de la diplomatie norvégienne Børge Brende a précisé que l'otage, Ole-Johan Grimsgaard-Ofstad, avait subi de mauvais traitements pendant sa détention.

Le 10 septembre, le groupe ultra-radical avait annoncé pour la première fois détenir les deux otages, sans préciser quand et où ils avaient été enlevés.

Le groupe jihadiste s'était, sur deux pages du magazine Dabiq, adressé à toute personne "qui voudrait payer une rançon pour la libération et le transfert" des deux hommes "à vendre", en publiant leur photo.

La Norvège avait alors confirmé l'enlèvement de M. Grimsgaard-Ofstad, peu après son arrivée en Syrie, mais avait exclu de payer une rançon.

Âgé de 48 ans, le Norvégien avait annoncé le 24 janvier sur Facebook être arrivé à Idleb (nord-ouest de la Syrie). On ignorait les raisons de sa présence là-bas.

La Chine avait elle aussi admis en septembre qu'un de ses ressortissants était probablement aux mains de l'EI, qui avait présenté l'otage comme étant Fan Jinghui, un consultant de 50 ans.

Le groupe jihadiste sévit surtout en Syrie et en Irak, et a proclamé un "califat" sur les larges pans de territoires conquis dans ces deux pays, où il multiplie les atrocités: enlèvement, viols, meurtres, décapitations...

L'EI, qui utilise les images de ses exactions comme élément de propagande, a par le passé diffusé des vidéos montrant la décapitation d'otages notamment occidentaux, soigneusement mise en scène par les bourreaux.

Le reporter américain James Foley enlevé en Syrie par l'EI a été exécuté le 19 août 2014. Deux semaines plus tard, c'est Steven Sotloff, un autre journaliste américain, qui a été tué avec la même chorégraphie macabre.

Quelques semaines plus tard, David Haines et Alan Henning, deux travailleurs humanitaires britanniques ont été tués eux aussi. Peter Kassig, un troisième Américain, avait été exécuté peu après. D'autres otages, dont deux Japonais, ont connu le même sort.

L'EI sème aussi la terreur dans des régions de Libye et d'Égypte où il a affirmé en août avoir décapité un otage croate.

Une coalition internationale menée par les Etats-Unis mène des frappes aériennes en Syrie et en Irak contre l'EI. La Russie a également débuté des raids aériens fin septembre contre le groupe jihadiste en Syrie, pays ravagé par la guerre.

Avec AFP

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