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Le grand jour de Donald Trump, au terme d'une convention marquée par les dissensions


 Des participants assis à côté d’une pancarte "Make America great again", le slogan du candidat républicain Donald Trump, Quicken Loans Arena, à Cleveland, Ohio, le 18 juillet 2016. (VOA/Nicolas Pinault).

Des participants assis à côté d’une pancarte "Make America great again", le slogan du candidat républicain Donald Trump, Quicken Loans Arena, à Cleveland, Ohio, le 18 juillet 2016. (VOA/Nicolas Pinault).

Donald Trump prononce jeudi le plus important discours de sa courte carrière politique pour tenter de prouver aux Américains qu'il est digne de la Maison Blanche, en clôture d'une convention minée par les dissensions, où son ex-rival Ted Cruz a été hué.

A 70 ans, l'homme d'affaires new-yorkais acceptera lors d'une allocution en prime-time la nomination comme candidat républicain à l'élection présidentielle, arrachée aux primaires du printemps, et ratifiée mardi par environ 2.500 délégués réunis à Cleveland, dans l'Ohio.

Il affrontera en novembre la démocrate Hillary Clinton, invectivée toute la semaine dans les travées et sur scène, et dont l'investiture aura lieu la semaine prochaine.

A l'image de la campagne à la hussarde lancée par Donald Trump en 2015, ce grand rassemblement s'est déroulé depuis lundi dans une relative cacophonie.

Mercredi soir, son ancien rival lors des primaires Ted Cruz lui a infligé un camouflet calculé. Le sénateur du Texas avait surpris en acceptant de venir à Cleveland, alors que d'autres comme Jeb Bush ont boycotté le rassemblement.

Rompant avec l'esprit d'unité des autres orateurs présents, Ted Cruz a refusé à la tribune de se rallier au candidat, invitant les républicains à voter "selon leur conscience" en novembre. Il s'est fait huer par une partie des délégués, outrés par un tel affront.

Le milliardaire a assuré n'avoir pas été pris au dépourvu et avoir lu le discours du sénateur texan deux heures avant. "Mais je l'ai laissé parler quand même. Pas grave!" a-t-il écrit sur Twitter.

Ses alliés ont pourtant éreinté le Texan, qui prépare peut-être déjà la présidentielle de 2020. "Egoïste", a lâché Chris Christie, ex-candidat aux primaires.

Pas un jour n'a été épargné par les polémiques.

Lundi, des délégués anti-Trump sont montés sur les chaises et se sont époumonés devant les caméras lors d'un vote de procédure.

La journée de mardi fut dominée par l'affaire du plagiat d'un discours de Michelle Obama par Melania Trump, l'épouse d'origine slovène de l'homme d'affaires. Ce n'est que mercredi, après plus de 24 heures d'explications fluctuantes, que l'équipe Trump a blâmé puis pardonné la collaboratrice ayant participé à la rédaction du texte.

Format traditionnel

Le discours de jeudi donne au candidat républicain une occasion exceptionnelle de changer de braquet. Plus de 20 millions de téléspectateurs ont suivi les premiers jours de la convention.

Donald Trump tentera de réconcilier deux objectifs a priori opposés: rester lui-même, c'est-à-dire excentrique, imprévisible et politiquement incorrect, tout en lisant sur un prompteur un texte solennel et à la hauteur de la fonction suprême.

Tout iconoclaste qu'il est, il n'a d'ailleurs pas renouvelé le format des conventions, auquel il n'a dérogé qu'en faisant de brèves apparitions chaque soir de la semaine.

Même pour les candidats les plus disciplinés, l'exercice est délicat. Mitt Romney, le candidat de 2012, trébucha en oubliant de rendre hommage aux soldats américains, et en permettant à l'acteur Clint Eastwood de se livrer à un monologue décousu en introduction. En 2004, le discours de John McCain fut brièvement interrompu par deux manifestants pacifistes.

"Présenter sa vision"

Que dira Trump? Tentera-t-il une ouverture au centre? Ou voudra-t-il seulement mettre son parti en ordre de marche en répétant ses propositions-phares: le mur à la frontière avec le Mexique, une politique migratoire hostile aux musulmans, et un protectionnisme commercial?

L'heure n'est en tout cas plus à présenter l'homme. Ses enfants se sont déjà succédé pour décrire un père attentif à leur éducation, tenace et à l'éthique de travail irréprochable. Sa fille Ivanka s'exprimera avant lui jeudi.

"Il va présenter sa vision pour la campagne", a dit son directeur de campagne, Paul Manafort.

Les attentats aux Etats-Unis et en Europe, et les tensions raciales entre communauté noire et forces de l'ordre dans le pays ont aussi conduit Donald Trump à endosser les habits de Richard Nixon en 1968, sur le thème du retour à l'ordre.

Mais rien n'indique que Donald Trump devienne audible au-delà de la base traditionnelle du parti républicain, les Blancs, en déclin démographique.

Dans les sondages, la démocrate le domine de façon persistante, avec 44% des intentions de vote contre 41% en moyenne.

Avec AFP

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