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Le gouvernement britannique défend son intervention en Libye en 2011


Bernard-Henri-Levy, Nicolas Sarkozy, Mahmoud Jibril (ex-Premier ministre CNT libyen), David Cameron, Tripoli, le 15 septembre 2011.

Bernard-Henri-Levy, Nicolas Sarkozy, Mahmoud Jibril (ex-Premier ministre CNT libyen), David Cameron, Tripoli, le 15 septembre 2011.

Le gouvernement britannique a rejeté les critiques sévères d'un rapport parlementaire sur son intervention en Libye en 2011 et jugé que son action a "sans aucun doute" permis de sauver des civils.

En septembre, un rapport parlementaire avait sévèrement critiqué l'intervention militaire engagée par Londres et la France, car elle était fondée sur "des postulats erronés et une analyse partielle des preuves".

Le gouvernement de David Cameron, Premier ministre à l'époque, "n'a pas pu vérifier la menace réelle que le régime (du dictateur Mouammar) Kadhafi faisait peser sur les civils", notait la Commission des Affaires étrangères.

"Il a pris au pied de la lettre, de manière sélective, certains éléments de la rhétorique de Mouammar Kadhafi et il a échoué à identifier les factions islamistes radicales au sein de la rébellion", écrivaient les parlementaires.

Mais dans sa réponse publiée vendredi, le gouvernement assure que son intervention a "sans aucun doute" permis de sauver la vie de civils libyens.

"Kadhafi était imprévisible. Il avait les moyens et la motivation nécessaires pour mettre ses menaces à exécution. Ses actes ne pouvaient être ignorés et exigeaient une action internationale commune et résolue", écrit encore le gouvernement britannique.

Kadhafi a été chassé du pouvoir, puis tué lors du soulèvement de 2011. Dans son rapport, la Commission jugeait que Londres s'était fourvoyé en étendant sa mission -- la protection de la population civile -- à un changement de régime.

Le gouvernement, dans sa contre-attaque, se justifie en invoquant un "objectif clairement défini: la protection des civils et la promotion de la stabilité en Libye".

Cinq ans après l'intervention étrangère, la Libye est plongée dans le chaos. Le pays est livré aux milices formées d'ex-rebelles et reste miné par les luttes de pouvoir et les violences meurtrières, ce qui a favorisé la montée en puissance du groupe Etat islamique (EI).

Or, David Cameron aurait dû savoir que les islamistes radicaux allaient chercher à profiter de la rébellion, estimait la Commission en septembre, selon laquelle il n'existe pas d'indication que la nature de la rébellion ait été correctement analysée.

Pour sa défense, le gouvernement affirme que l'immense majorité des opposants à Kadhafi n'étaient pas liés à une quelconque mouvance extrémisme et que l'EI est désormais "en recul en Libye".

rsc/gde/mf

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