Liens d'accessibilité

Le Génocide au Rwanda : 20 ans après


Des photos des enfants victimes sont affichées au Centre commémoratif de Kigali qui documente le génocide de 1994.

Des photos des enfants victimes sont affichées au Centre commémoratif de Kigali qui documente le génocide de 1994.

Deux décennies déjà. C’est le temps qui s’est écoulé depuis que des centaines de milliers de personnes ont été tuées dans le génocide au Rwanda, sous le regard apparemment impassible de la communauté internationale.

​Alors, 20 ans après, quelles leçons ? Et, surtout, que faire pour éviter la répétition de ces crimes contre l’humanité ?

C’était l’horreur et le choc dans le monde quand, à partir du 7 avril 1994, plus de 800.000 Rwandais étaient massacrés en l’espace de 100 jours.
70% de la minorité tutsi au Rwanda, et de nombreux Hutus modérés ont été ainsi tués par des membres de la majorité hutu, dont les tristement célèbres milices Interahamwe.

Inaction de la communauté internationale

Le président américain Bill Clinton a été critiqué ici aux Etats-Unis, et ailleurs dans le monde, pour n’avoir rien fait pour arrêter ce génocide. Quatre ans plus tard, il a visité le Rwanda et présenté ses excuses :

« Nous n’avons pas agi assez rapidement après le début des tueries. Partout dans le monde, il y avait des gens comme moi assis dans leurs bureaux jour après jour, qui ne réalisaient pas totalement la profondeur et la rapidité avec laquelle nous nous engouffrions dans cette terreur inimaginable ».

Malgré le “Plus jamais ça” entendu après ce génocide, la catastrophe au Rwanda n’a pas mis fin à la violence généralisée contre les civils dans le monde.

Darfour, Syrie, République centrafricaine

Le génocide au Darfour soudanais, et les tueries sectaires en République centrafricaine ne sont que les derniers exemples de brutalité, qui ont fait depuis des millions de morts ou de sans-abris.

En Syrie, la guerre civile a fait au moins 150.000 morts en 3 ans, et le président Barack Obama (à son tour) a été accusé d’inaction.
Mais Adotei Akwei d’Amnesty International pense que c’est à la Russie qu’il faudrait attribuer le blocage des efforts de la Maison Blanche :

« La communauté internationale doit mettre fin, d’une façon ou d’une autre, à la crise en Syrie, et l’administration (Obama) n’a jamais cessé de le faire, mais elle n’a pas pu obtenir les résultats que nous souhaitons tous voir ».

Obama et la prévention des atrocités dans le monde

L’ancien secrétaire d’Etat-adjoint américain aux Affaires africaines, Johnnie Carson, explique que le génocide au Rwanda a enseigné ceci au monde:

« Il faut agir vite, pour mobiliser les ressources de la communauté internationale pour condamner et s’engager aussi tôt que possible quand nous voyons les signes précurseurs d’une atrocité ».

Toujours selon l’ambassadeur Carson, les leçons tirées des massacres au Rwanda et ailleurs dans le monde ont amené M. Obama à créer un Conseil de prévention des atrocités :

« Il s’agit d’un groupe de représentants de diverses agences qui se réunissent chaque mois, sous l’égide du Conseil national de sécurité, pour passer en revue les situations qui, dans le monde, pourraient se transformer en atrocités ou violence de masse ».

Ce groupe constitue un « progrès majeur », estime Adotei Akwei d’Amnesty International. Mais il conseille que l’on commence beaucoup plus tôt les efforts de prévention des atrocités :

« Ce serait mieux, et probablement plus économique d’essayer de confronter dès le début les campagnes d’intolérance et de haine, avant que tous les acteurs présents ne commencent en fait à menacer les gens », a-t-il dit.

En d’autres termes, le meilleur moyen de prévenir le génocide, explique le chercheur, c’est de montrer que le monde surveille la situation, et ne tolérera aucun massacre.

Voir les commentaires

XS
SM
MD
LG