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Le FBI recommande de ne pas poursuivre Hillary Clinton sur ses emails


Hilary Clinton lors d'un discours à Denver, le 28 juin 2016

Hilary Clinton lors d'un discours à Denver, le 28 juin 2016

La candidate démocrate à l'élection présidentielle américaine avait été entendue le 2 juillet par le FBI dans le cadre de l'enquête sur son utilisation d'une messagerie privée lorsqu'elle était secrétaire d'Etat.

De l'avis du chef de la police fédérale américaine, James Comey, "aucune poursuite ne s'impose" à l'encontre de la secrétaire d'Etat même si elle a fait preuve d'une "négligence extrême".

La ministre américaine de la Justice Loretta Lynch avait elle assuré vendredi qu'elle se rangerait aux recommandations du FBI et des procureurs impliqués dans l'enquête, tentant ainsi d'écarter tout soupçon d'interférence politique dans ce dossier ultra-sensible.

Certains des emails envoyés par Mme Clinton en utilisant un serveur privé étaient classés "secret" et des personnes mal intentionnées ont théoriquement pu y avoir accès, a précisé le patron du FBI. Elle n'a cependant "pas eu l'intention" de violer la loi selon M. Comey.

Si les durs termes choisis par le patron du FBI donneront des munitions à Donald Trump, candidat républicain à la Maison Blanche, cette décision est une excellente nouvelle pour Mme Clinton qui retrouve mardi M. Obama.

Les deux anciens concurrents démocrates de 2008 se présenteront ensemble lors d'un meeting à Charlotte, en Caroline du Nord, première étape d'une série d'événements qui doivent galvaniser les électeurs en faveur de l'ancienne Première dame et ancienne secrétaire d'Etat, notamment les minorités qui restent fortement attachées à Barack Obama. Le tout dans des Etats pivots où se dessinera l'issue de l'élection du 8 novembre.

A trois semaines de la convention démocrate à Philadelphie, lors de laquelle Mme Clinton sera formellement investie candidate du parti aux dépens de Bernie Sanders, les républicains se sont saisis de l'affaire des emails, emblématique selon eux de son manque de sérieux et de fiabilité.

Le milliardaire Donald Trump et d'autres membres de son camp s'en sont violemment pris à elle après qu'il a été rendu public que son mari Bill Clinton s'est récemment entretenu sur le tarmac d'un aéroport avec la secrétaire à la Justice Loretta Lynch, dont le ministère chapeaute l'enquête.

Dans une interview dimanche, Hillary Clinton a reconnu que la rencontre n'était pas judicieuse.

"Hillary la malhonnête est +coupable comme pas possible+ mais le système dans son ensemble est truqué et corrompu", s'est indigné l'homme d'affaires sur Twitter.

"Où sont les 33.000 emails manquants?", a-t-il encore demandé, en référence aux courriels que l'ancienne ministre des Affaires étrangères a dit avoir effacés parce qu'ils relevaient de sa vie privée.

Depuis quelque temps, Donald Trump fait feu de tout bois contre sa rivale.

Outre ses attaques dénonçant une privilégiée, membre de l'establishment de Washington, il l'a accusé lundi d'être faible face à la menace terroriste, au lendemain d'un attentat suicide du groupe Etat islamique qui a fait plus de 200 morts à Bagdad.

Avant de mettre le président Obama et son ancienne secrétaire d'Etat dans le même panier: "Avec Hillary et Obama, les attentats terroristes ne vont faire qu'empirer. Idiots politiquement corrects, refusent de nommer ce que c'est - l'ISLAM RADICAL!", a-t-il tweeté.

Hillary Clinton, elle, balaye les critiques et entend tirer profit du soutien présidentiel, ainsi que d'un événement conjoint prévu avec le vice-président Joe Biden vendredi en Pennsylvanie, pour recentrer sa campagne sur les questions économiques, sociales et de politique étrangère.

"Hâte de partir en campagne ensemble avec @POTUS", a-t-elle écrit sur Twitter. POTUS est l'acronyme de "President of the United States".

L'appui de Barack Obama pourrait s'avérer plus qu'utile pour la démocrate, car même si la quasi-totalité des sondages nationaux la donnent victorieuse de Donald Trump en novembre, l'écart se resserre ces dernières semaines.

Le dernier sondage NBC News/Wall Street Journal donne même un large avantage (41% contre 25%) à Donald Trump dans les domaines de l'honnêteté et de la fiabilité.

En Caroline du Nord, où Barack Obama et Hillary Clinton font campagne mardi, le président américain reste populaire et pourrait notamment rassembler l'électorat noir dans ce "swing state", l'un de ces Etats cruciaux car ils peuvent basculer côté républicain ou démocrate.

Mais Donald Trump entend rendre coup pour coup et doit s'exprimer mardi soir lors d'un meeting à Raleigh, dans le même Etat de Caroline du Nord.

Avec AFP

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