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Le Comorien de huit ans retenu à Roissy depuis plus de dix jours pourra rester en France


Un Airbus A320 à l'aéroport Roissy Charles-De-Gaulle. (Photo prise le 8 décembre 2014)

Un Airbus A320 à l'aéroport Roissy Charles-De-Gaulle. (Photo prise le 8 décembre 2014)

La justice a finalement autorisé vendredi un enfant comorien de huit ans qui était retenu depuis plus de dix jours en zone d'attente à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle à rester en France et l'a confié à sa tante, a-t-on appris de sources concordantes

"Il n'est plus privé de liberté, plus sous contrainte policière et il pourra rester en France", a déclaré à l'AFP Laure Blondel, une des responsables de l'association Anafé (Assistance nationale aux étrangers aux frontières).

Le juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal de Bobigny, qui a vu l'enfant vendredi matin, "a reconnu qu'il n'y avait aucune garantie sérieuse de prise en charge aux Comores puisqu'en fait la maman ne pouvait plus le prendre en charge", a-t-elle ajouté.

Selon l'avocate de l'enfant, Me Catherine Daoud, le procureur a décidé dans l'après-midi de "confier l'enfant à sa tante", qui vit dans les Yvelines et qui avait organisé son voyage, en attendant que le "juge des enfants s'assure notamment des conditions d'éducation et de sa scolarisation".

Contacté, le parquet de Bobigny n'a pas souhaité s'exprimer.

L'entrée du petit en garçon en France s'est "vraiment jouée à rien", d'après Mme Blondel. Le matin même, il avait été placé dans un avion pour être ramené sous escorte aux Comores. Mais "il a tempêté et pleuré et le commandant de bord a refusé de le prendre", selon une source aéroportuaire.

Le 21 mars, cet enfant était arrivé seul à Roissy à bord d'un vol Air France avec le passeport français de son cousin. Il devait rejoindre sa tante, qui a été brièvement placée en garde à vue après avoir tenté de se faire passer pour sa mère, selon cette même source.

Il avait alors été placé en "zone d'attente" à l'aéroport, le temps que la police effectue les vérifications nécessaires. Retrouvée par l'ambassade de France aux Comores, la mère avait accepté de reprendre son fils. La justice avait donc demandé son maintien en zone d'attente, le temps d'organiser son retour.

Indignées, plusieurs associations, dont La Voix de l'enfant ont dénoncé "tout enfermement administratif d'un enfant quel qu'il soit, d'où qu'il vienne". "Tout mineur se présentant seul aux frontières doit être protégé et admis sur le territoire français", ont-elles réclamé, accusant la France de ne pas respecter la Convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En juin 2015, la retenue plusieurs jours en zone d'attente à Roissy de deux fillettes de 3 et 6 ans avait entraîné l'ouverture d'enquêtes par le Défenseur des droits. Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait donné "des consignes" pour faire en sorte que "les vérifications soient menées dans des délais très courts, notamment lorsqu'il s'agit de jeunes enfants".

Avec AFP

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