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Le commandant kényan limogé par l'ONU au Soudan du Sud est un "bouc-émissaire"


Le président Uhuru Kenyatta salue ses militants dans la capitale du Kenya, Nairobi, le 10 septembre 2016.

Le président Uhuru Kenyatta salue ses militants dans la capitale du Kenya, Nairobi, le 10 septembre 2016.

Le président kényan, Uhuru Kenyatta, a accusé l'ONU de faire un "bouc-émissaire" du commandant kényan de la mission onusienne au Soudan du Sud (Minuss), limogé pour l'inaction des Casques bleus lors des violences de juillet à Juba.

"Nous ne contribuerons plus à une mission qui a échoué à remplir son mandat et qui en vient maintenant à faire des Kényans des boucs-émissaires", a déclaré le président Kenyatta au cours d'une cérémonie à l'académie militaire de Nakuru (ouest), rappelant que son gouvernement avait annoncé mercredi le retrait de ses troupes déployées dans le cadre de la Minuss.

"La paix au Soudan du Sud ne sera pas restaurée en blâmant un commandant kényan pour les échecs de la mission au Soudan du Sud", a-t-il ajouté, soutenant que la participation du Kenya à la Minuss ne peut se faire "au prix de la dignité du pays".

Le général Johnson Mogoa Kimani Ondieki a été limogé en tant que commandant de la Minuss après la publication mardi d'une enquête de l'ONU accablant les Casques bleus pour leur réaction "chaotique et inefficace" aux combats meurtriers qui avaient opposé en juillet les forces du président sud-soudanais, Salva Kiir, à celles de l'ex-chef rebelle et alors vice-président du pays, Riek Machar.

Le lieutenant-général Johnson Mogoa Kimani Ondieki du Kenya, à droite, debout à côté d’Ellen Loj, centre, représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, et d’un membre non identifié du gouvernement du Sud-Soudan, à Juba, le 2 septembre 2016.

Le lieutenant-général Johnson Mogoa Kimani Ondieki du Kenya, à droite, debout à côté d’Ellen Loj, centre, représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU, et d’un membre non identifié du gouvernement du Sud-Soudan, à Juba, le 2 septembre 2016.

L'enquête a mis en cause des lacunes de commandement au sein de la Minuss et une "aversion aux risques" rendant les Casques bleus réticents à user de la force pour protéger les civils. Lors de ces violences, des soldats ont tué des civils et violé de nombreuses femmes, dont des employées d'organisations internationales.

En réponse au limogeage du général kényan, Nairobi a annoncé mercredi le retrait "immédiat" des soldats kényans. Le contingent kényan, l'un des plus importants de la Minuss, compte environ 1.000 soldats sur les 13.500 hommes déployés.

Le Kenya a également indiqué ne plus vouloir contribuer à une force régionale de protection, forte de 4.000 hommes, mandatée par le Conseil de sécurité de l'ONU et dont le déploiement est toujours en attente.

Les Casques bleus de la Minuss avaient déjà été vivement critiqués pour leur comportement lors de l'attaque meurtrière d'un camp des Nations unies à Malakal (nord-est du Soudan du Sud) en février.

Le Département des opérations de maintien de la paix de l'ONU à New York "respecte" la décision du Kenya de retirer ses troupes, a assuré à l'AFP un responsable onusien sous couvert de l'anonymat.

"C'est la prérogative du gouvernement kényan et nous la respectons. Nous allons maintenant discuter avec le gouvernement kényan des modalités du retrait de ce contingent".

Le Soudan du Sud est indépendant depuis 2011 et a replongé en décembre 2013 dans une guerre civile ayant fait des dizaines de milliers de morts et plus de 2,5 millions de déplacés.

Avec AFP

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