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Le chômage des jeunes, un fléau en Ouganda


Des mineurs en Ouganda, où le chômage atteint 83 % (Reuters)

Des mineurs en Ouganda, où le chômage atteint 83 % (Reuters)

L'Ouganda affiche l’un des niveaux les plus aigus de chômage sur tout le continent africain, soit près de 83%. Les plus touchés sont les jeunes, dont les moins de 30 ans forment une bonne partie de la population.

Entre donc l'Association nationale des chômeurs, ou ANC pour abréger. Elle demande au pouvoir en place d’introduire de vastes réformes pour juguler le fléau du chômage.

Leurs revendications sont précises : la création d'un ministère du chômage et de centres pour l'emploi, une représentativité parlementaire, de même que l'égalité des chances pour les candidats à l'emploi.

Le groupe n’a pas froid aux yeux : il menace de faire boycotter les élections de 2016, si le gouvernement n’applique pas le programme des jeunes.

« Nous voulons réunir tous les chômeurs ougandais sous la coupe d’une seule et unique organisation », déclare Doreen Nyanjura, membre de l’ANC. « Nous allons prouver que la majorité opprimée est capable de changer les choses. Nous voulons que le problème du chômage soit résolu une fois pour toutes ».

La réplique du ministère ougandais du Travail n’a pas tardé. Il dit plancher sur une batterie de mesures afin d’étendre les opportunités d'emploi aux jeunes. Des programmes tels que le Fonds capital-risque pour les jeunes disposent de 9,5 millions de dollars dans le but d'aider les startups dans le secteur privé.

Un autre plan gouvernemental couvre tout le territoire et vise à doter les jeunes de compétences professionnelles et entrepreneuriales.

« Le chômage reste un défi pour le gouvernement », reconnait Milton Turyasiima, du ministère du Travail. « L'économie est encore faible; le marché du travail est toujours très restreint. Près de 400.000 Ougandais arrivent sur le marché du travail chaque année mais pour l’heure l’économie ne peut employer que 100.000 personnes. Mais le gouvernement prend de nombreuses mesures pour résorber le chômage ».

Les autorités misent donc gros sur l’entrepreneuriat. Mais demander aux chômeurs de démarrer leur propre entreprise n'est pas réaliste, réagit le groupe des jeunes, qui ajoute que le chômage entraîne d’autres maux tels que la prostitution, le trafic de drogue et le vol. Des problèmes sociaux dont il faut aussi tenir compte, affirme l'Association nationale des chômeurs.

L’ANC maintient qu’elle va continuer à marteler ses revendications pour le plein-emploi. Le gouvernement affirme être à l’écoute, mais ajoute que les demandes doivent être à la fois raisonnables et réalisables.

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