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Le chef onusien des droits de l'Homme met en garde contre les populistes


Zeid Ra’ad Al-Hussein, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, lors d'un conseil de sécurité, le 3 décembre 2015.

Zeid Ra’ad Al-Hussein, le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, lors d'un conseil de sécurité, le 3 décembre 2015.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a vivement critiqué lundi les responsables politiques populistes, citant notamment Donald Trump et le dirigeant néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, appelant arrêter de tels "démagogues".

S'exprimant depuis La Haye, le Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein a déclaré qu'il était un homme musulman dont le rôle était de "défendre et de promouvoir les droits de l'Homme de chacun, partout".

"Et je suis en colère, aussi. A cause des mensonges et des demi-vérités, des manipulations et de la propagation de la peur de M. Wilders, a-t-il dit lors de l'inauguration de la fondation pour la paix, la justice et la sécurité de La Haye.

Le mois dernier, le parti néerlandais d'extrême droite PVV a lancé sa campagne pour les législatives de mars 2017 en affirmant vouloir "fermer toutes les mosquées" et "interdire le Coran" en cas de victoire.

Le parti pour la liberté (PVV), en tête dans les sondages, souhaite également "désislamiser" le pays notamment en fermant les frontières et centres de demandeurs d'asile, en interdisant l'arrivée de migrants originaires de pays musulmans, le port du foulard dans la fonction publique et le retour aux Pays-Bas de personnes parties en Syrie.

Le chef onusien des droits de l'Homme s'en est vivement pris aux propositions du PVV, et a assuré que M. Wilders avait beaucoup de choses en commun avec le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine Donald Trump, le Premier ministre hongrois Victor Orban, la dirigeante du parti d'extrême droite Marine Le Pen (Front national), et l'ex-dirigeant du parti britannique europhobe Nigel Farage.

Il a également affirmé qu'ils partageaient tous des similarités avec l'idéologie prônée par le groupe Etat islamique (EI).

"Ils cherchent tous, à des degrés divers, à réanimer un passé, sous une forme merveilleuse et si pure, où les champs ensoleillés sont habités par des peuples unis par l'ethnicité ou la religion", a-t-il avancé devant un parterre de responsables du milieu judiciaire néerlandais. "Un passé qui très probablement, en réalité, n'a jamais existé où que ce soit, jamais".

Promettre de retrouver un tel passé est une "fiction", a-t-il ajouté. Pour lui, ceux qui tendent à promouvoir un tel discours sont des "tricheurs", accusant les responsables populistes d'utiliser des "demi-vérités et la simplification excessive" pour nourrir les peurs des personnes "angoissées".

Avec AFP

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