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Le chef de l'armée pakistanaise renvoie des haut gradés pour corruption


Le chef de l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif à Gwadar, dans la province pakistanaise de Baloutchistan, le 12 avril 2016.

Le chef de l'armée pakistanaise, le général Raheel Sharif à Gwadar, dans la province pakistanaise de Baloutchistan, le 12 avril 2016.

L'armée pakistanaise a limogé plusieurs haut-gradés pour corruption, étalant de façon inhabituelle le linge sale de la plus puissante des institutions du pays.

"Je peux confirmer qu'au moins six officiers supérieurs ont été renvoyés, dont un général", a indiqué un officier en poste au QG de l'armée, attribuant au chef de l'Etat-major, le très populaire Raheel Sharif, le crédit d'avoir lancé l'enquête ayant abouti à ces évictions.

Cette décision a été confirmée par une autre source, mais n'a pas annoncée par les canaux militaires officiels. Aucune précision n'a été fournie quant à la date à laquelle les officiers ont été renvoyés, la nature des faits qui leur sont reprochés, ou s'ils seront jugés par un tribunal civil.

Il est très rare que soient évoqués en public les abus commis par l'armée, qui a dirigé le Pakistan pendant près de la moitié de son existence et continue à exercer une influence considérable sur la politique notamment extérieure du pays.

"L'armée (...) montre un excellent exemple, cela aura un impact très sérieux et très positif sur l'avenir", estime le général à la retraite Talat Masood, interrogé par l'AFP. "Les corrompus ont de quoi s'inquiéter maintenant".

Cette décision intervient en outre au moment où le Premier ministre Nawaz Sharif est empêtré dans les révélations faites par les Panama Papers, certains de ces documents montrant que ses deux fils et une de ses filles détiennent d'importants biens via des compagnies off-shore.

Il a annoncé la formation d'une commission d'enquête peu après la publication de ces documents émanant du cabinet d'avocat panaméen Mossack Fonseca.

Mais sa composition et son mandat n'ont toujours pas été décidés, et le troisième parti du pays, le PTI, réclame des mesures plus draconniennes d'ici à dimanche, faute de quoi il menace de mobiliser ses troupes contre le gouvernement.

Avec AFP

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