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Le Burkina verrouille sa loi limitant à deux le nombre de mandats présidentiels


Des manifestants dans les rues de Ouagadougou, le 28 octobre 2014.

Des manifestants dans les rues de Ouagadougou, le 28 octobre 2014.

Les parlementaires ont également remis à jour l’ancienne devise du pays « La patrie ou la mort nous vaincrons », datant dans années révolutionnaires de Thomas Sankara.

Le Conseil National de la Transition (CNT), le parlement de la transition, a procédé ce jeudi à la modification de plusieurs articles de la constitution. L’article 37, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs, a été verrouillé. Un vote effectue presqu’a l’unanimite avec 88 voix pour sur 89 votants.

Le sénat auquel tenait le régime Compaoré, et qui avait intégré dans l’organisation institutionnelle du Burkina Faso en mai 2013, a été supprimé.

Les parlementaires ont également remis à jour l’ancienne devise du pays « La patrie ou la mort nous vaincrons », datant dans années révolutionnaires de Thomas Sankara.

« Nous avons accompli la mission que le peuple nous a confiée », a affirmé Cherrif Sy, le porteur de la proposition de loi et par ailleurs président du CNT.

Pour le député Alexandre Sankara, il était nécessaire, au sortir de l’insurrection de procéder à un toilettage de cette constitution.

"En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats de président du (Burkina) Faso consécutivement ou par intermittence", indique l'amendement adopté par les membres du Conseil national de la transition (CNT), l'assemblée nationale intérimaire.

L'amendement ajouté jeudi à l'ancienne disposition constitutionnelle stipule que "le président du (Burkina) Faso est élu au suffrage universel direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible une seule fois".

Pour empêcher tout président d'envisager un jour de changer la Constitution comme voulait le faire M. Compaoré, les députés ont verrouillé l'article 37 relatif aux mandats présidentiels: ils l'ont inscrit parmi les dispositions de la Constitution qui ne peuvent être révisés.

Les députés ont ainsi ajouté dans les dispositions interdites de modification qu'"aucun projet ou proposition de révision de la Constitution n'est recevable lorsqu'il remet en cause la clause limitative du nombre de mandat présidentiel (et) la durée du mandat présidentiel".

L'Assemblée a aussi supprimé le Sénat. Ce dernier, théoriquement institué en 2013, n'a jamais vu le jour à cause de la farouche opposition d'une partie de la population qui le jugeait "inutile" et "budgétivore".

Sur les 89 députés votants, 88 ont voté pour ces modifications constitutionnelles. Un seul a voté contre.

Des applaudissements nourris ont suivi le vote et les députés ont chanté en choeur l'hymne national. Quelques députés avaient porté à l'occasion leurs écharpes et certains ont explosé de joie en déroulant un large drapeau au sein de l'hémicycle.

Avec AFP.

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