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Un projet de loi vise des terrains "illégalement attribués" à des proches de Compaoré au Burkina


L'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, le 18 septembre 2012.

L'ancien président du Burkina Faso Blaise Compaoré, le 18 septembre 2012.

L'Assemblée du Burkina Faso a adopté à l'unanimité un projet de loi visant à reprendre plus de 105.000 parcelles de terrain "illégalement attribuées" à des dignitaires de l'ancien régime du président déchu Blaise Compaoré.

La loi sur "le retrait des parcelles illégalement acquises par les promoteurs immobiliers et les particuliers sur la période de 1995 à 2015" a été adoptée jeudi soir par les 108 députés présents (sur 127), lors d'une plénière à huis clos.

Cette proposition de loi faisait suite à une enquête parlementaire sur le foncier urbain réalisée dans 15 des 360 communes que comptent le pays.

"Au regard du manquement grave et du fait que nous avons décelé plus de 105.000 parcelles entachées d'irrégularités, nous avons proposé une résolution de loi portant retrait de ces parcelles illégalement occupées", a expliqué à l'AFP le président de la commission d'enquête parlementaire Boureima Barry.

Cela concerne notamment "plus de 88.000 parcelles illégalement attribuées à trois sociétés immobilières appartenant à Alizèta Ouédraogo", la belle-mère de François, frère cadet du président déchu Blaise Compaoré, a indiqué M. Barry.

Selon lui, on y compte également "248 parcelles attribuées à Ouaga 2000 -quartier huppé de la capitale- sur instruction verbale du président Blaise Compaoré", "113 parcelles octroyées au président Compaoré dans la commune de Ziniaré, -sa ville natale-, et "22 parcelles attribuées à son frère François Compaoré dans la même localité".

La commission a aussi recommandé le retrait des "14 parcelles d'habitation et de la réserve administrative octroyées à la Fondation Suka", appartenant à l'ex-première dame du Faso, Chantal Compaoré.

Les parcelles seront réintégrées dans le domaine public, a précisé M. Barry. La commission a également préconisé le retrait d'une vingtaine de réserves que se sont partagées des maires de communes.

C'est "une oeuvre de salut public", a commenté Laurent Bado, un député de la majorité politique, selon qui, "en opérant ces retraits, le gouvernement répond à l'idée de justice à laquelle aspire le peuple".

"Ce travail remet dans le patrimoine de l'Etat des terrains illégalement acquis par des promoteurs indélicats et reflète la volonté de l'ensemble des députés de remettre à notre Etat et nos populations dans leurs droits et fixer les règles de transparence dans la gestion du foncier urbain", a commenté le président de l'Assemblée nationale Salifou Diallo, lui-même un ancien baron du régime Compaoré.

Après 27 ans au pouvoir, le président Balaise Comaporé a été chassé par une insurrection populaire en 2014.

Avec AFP

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