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Le Bénin s'attèle à protéger ses routes


Un homme marche sur une route à Cotonou, Benin, le 5 mars 2016.

Afin d'éviter la dégradation rapide des routes, les ministres des transports des pays membres de l'Uemoa ont adopté une feuille de route appelée règlement 14.

L'application du règlement fait face à de nombreux obstacles : l'hésitation des transporteurs et importateurs. Au Bénin, les transporteurs et importateurs exigent la mise en place de la logistique adaptée avant la phase de répression qui démarre le 1er avril 2017.

Les routes construites pour durer 15 ans s'affaissent et se dégradent au bout de trois ans. Si pour la plupart les populations pointent du doigt un travail bâclé, les professionnels du monde des transports pensent que les surcharges ou la charge à l'essieu restent la raison principale.

Le règlement 14 fixe désormais le nombre de tonnes. Après les protestations, les transporteurs et importateurs béninois sont finalement décidés à appliquer la nouvelle réglementation, mais pas sans certains préalables comme le précise El Hadj Rabiou Garba, président du syndicat des transporteurs et importateurs nouveaux associés du Bénin.

"Nous exigeons un travail en amont, et il faut que tous, le Mali, la Côte d'Ivoire et le Sénégal, commencent tous le 1er avril", s'inquiète-t-il.

La réorganisation du secteur des transports peine toujours à se réaliser. Pour Modeste Gbenahou, transporteur et membre du conseil national de facilitation, "l'initiative est bonne et permettra la survie des routes mais il faut penser à la réorganisation du secteur des transports avant la phase répressive au risque d'engendrer bien de difficultés".

Le gouvernement est confiant et estime que le processus ira à bon port et sans anicroche. L'État ne compte pas repousser la phase répressive le 1er avril prochain malgré les exigences des transporteurs.

Le ministre des transports, Hervé Hehomey, salue la clairvoyance des acteurs du secteur qui accompagne cette virée vers la survie des routes et chaussées au Bénin.

À ce jour, les pèses-essieux ne sont pas dans toutes les cimenteries, les brasseries et autres, ce qui risque de compromettre la bonne entente entre l'autorité de tutelle et les transporteurs.

Ginette Fleure Adande, correspondante à Cotonou

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