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Laurent Gbagbo : la justice invalide sa candidature à la tête du FPI


Laurent Gbagbo lors de sa première comparution à la CPI (5 déc. 2011)

Laurent Gbagbo lors de sa première comparution à la CPI (5 déc. 2011)

La candidature de l'ex-président Laurent Gbagbo a la tête du Front populaire ivoirien (FPI), son parti, a été invalidée lundi par une décision de la justice ivoirienne.

Des proches de M. Gbagbo ont présenté sa candidature bien que celui-ci soit emprisonné à la Cour pénale internationale pour "crimes contre l'humanité".

L'actuel patron du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N'Guessan, rival de l'ancien chef de l'Etat dans des élections internes, avait saisi début décembre la justice pour annuler la candidature de M. Gbagbo à la présidence du principal parti d'opposition du pays.

Fondé par M. Gbagbo, le parti se retrouvait dans une situation inédite: l'ancien président est en effet emprisonné depuis trois ans à La Haye (Pays-Bas), siège de la Cour pénale internationale (CPI) qui le jugera en 2015 pour "crimes contre l'humanité" en lien avec la crise postélectorale meurtrière de 2010-2011.

Lors d'une audience au tribunal d'Abidjan, le juge a ordonné lundi le "retrait" de la candidature de M. Gbagbo, qui a été "présentée sous forme de proposition de candidature émanant de tierces personnes", et non sous forme de "demande manuscrite émanant et signée de lui".

L'argument du comité de contrôle - organe en charge des élections au FPI -, selon lequel les statuts du parti autorisent tout militant à "émettre une proposition de candidature", a donc été balayé par le juge.

Fustigeant une décision "inédite dans l'histoire politique de la Côte d'Ivoire", Hubert Oulaye, président du comité de contrôle du parti, a dénoncé auprès de l'AFP "l'intrusion de l'Etat dans le fonctionnement du FPI et la décision de justice".

Pour Ferro Bally, journaliste et analyste politique, la décision de justice va davantage attiser les clivages entre les deux tendances qui s'affrontent au sein du FPI.

Ces déchirements internes ont été illustrés récemment par l'annulation du congrès du FPI sur une décision de la justice, qui avait été saisie par le camp Affi N'Guessan. Le congrès devait précisément élire le nouveau président du parti.

Les fidèles de M. Gbagbo font de la libération de leur champion "le coeur de la stratégie de lutte du parti", tandis que le camp rival aspire à s'investir dans le jeu politique et à participer à la prochaine présidentielle derrière Pascal Affi N'Guessan.

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