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L'aide internationale à la Grèce devra être prolongée


Le Premier ministre Antonis Samaras devra demander une prolongation du programme d'aide internationale, selon un haut responsable de la zone euro

Le Premier ministre Antonis Samaras devra demander une prolongation du programme d'aide internationale, selon un haut responsable de la zone euro

Le gouvernement d'Antonis Samaras et les créanciers internationaux ne parviennent pas à s'entendre sur les conditions de sortie du programme international de soutien financier.

BRUXELLES/ATHÈNES (Reuters) - La Grèce va devoir demander une prolongation de son programme d'aide internationale avant la suspension des travaux des parlements de la zone euro pour les fêtes de fin d'année car le mécanisme de soutien lui permettant d'en sortir ne sera pas prêt à temps, a déclaré mercredi un responsable de premier plan de la zone euro.

Après deux plans de sauvetage d'un montant total de 240 milliards d'euros depuis 2010 pour lui éviter de s'effondrer sous le poids de sa dette, la Grèce compte revenir au début de l'année 2015 sur les marchés pour se financer.

Une dernière tranche d'aide de 1,8 milliard d'euros est censée lui être versée d'ici la fin de l'année mais le gouvernement d'Antonis Samaras et les créanciers internationaux d'Athènes ne parviennent pas à s'entendre sur les conditions de sortie de ce programme de soutien financier.

Le programme d'aide va donc devoir techniquement être prolongé jusqu'au mois de janvier, ce qui nécessite l'accord de l'ensemble des parlements des pays de la zone euro.

Pour ce responsable de la zone euro, la Grèce doit se hâter d'obtenir ce feu vert si elle veut bénéficier du dernier versement. A ses yeux, la date butoir est le 15 décembre.

"Je suis prêt à travailler le 24 décembre mais les parlements ne seront pas là", a-t-il dit à des journalistes.

Le gouvernement grec et la "troïka" de ses créanciers internationaux (Banque centrale européenne, Commission européenne et Fonds monétaire international) ne parviennent pas à aplanir leur désaccord sur les besoins de financement du pays en 2015.

Cette divergence empêche la mise en place d'un filet de sécurité permettant à Athènes de sortir du plan d'aide à moindre risque. Ce mécanisme consisterait en une ligne de crédit qu'ouvriraient les autres pays de la zone euro au profit de la Grèce pour lui garantir un financement en cas d'urgence.

Les experts de la "troïka" doivent rendre compte de leurs discussions avec Athènes aux ministres des Finances de la zone euro lundi à Bruxelles. Cette échéance paraît donc cruciale pour Antonis Samaras s'il veut respecter son objectif affiché devant ses compatriotes d'une sortie prochaine de la Grèce du programme d'aide internationale.

Pour le responsable de la zone euro s'étant exprimé mercredi devant les journalistes, l'idéal serait que la Grèce réclame en même temps la ligne de crédit et la prolongation technique du plan d'aide.

"Est-ce que je m'attends à un accord technique (sur la ligne de crédit) lundi ? Non, ce n'est pas le cas", a-t-il toutefois déclaré.

Les experts de la troïka pensent qu'il manquera plus de deux milliards d'euros à la Grèce en 2015 si elle n'édulcore pas son projet de remboursement d'arriérés de prestations sociales à la population, durement frappée depuis 2010 par la cure d'austérité drastique qui lui a été imposée en échange de l'aide internationale, ou si elle ne le compense pas par des mesures d'économies supplémentaires.

La troïka a aussi réclamé des informations complémentaires sur le projet de réforme des retraites préparé par le gouvernement, a dit un responsable du ministère du Travail.

Antonis Samaras a exclu mardi d'alourdir les impôts ou de baisser les revenus des Grecs en 2015, jugeant que de telles mesures fragiliseraient l'ébauche de reprise économique constatée en 2014 après plusieurs années de profonde récession.

Des experts de la troïka étaient censés se rendre récemment en Grèce mais cette mission d'inspection a été annulée et aucune nouvelle date n'a été fixée pour leur venue, a déclaré Adonis Georgiadis, un responsable de Nouvelle Démocratie, le parti conservateur de Samaras, à la télévision grecque.

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