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La Turquie expulserait vers leur pays d'origine des réfugiés syriens


Les migrants reçoivent de la nourriture à un marché de Noël dans un abri de réfugiés géré par l'organisation caritative allemande Arbeiter Samariter Bund ASB à Berlin , Allemagne , le 12 Décembre , 2015. REUTERS / Hannibal Hanschke

Les migrants reçoivent de la nourriture à un marché de Noël dans un abri de réfugiés géré par l'organisation caritative allemande Arbeiter Samariter Bund ASB à Berlin , Allemagne , le 12 Décembre , 2015. REUTERS / Hannibal Hanschke

La Turquie a arrêté, maltraité et expulsé vers leur pays d'origine nombre de réfugiés syriens et irakiens depuis septembre. C'est ce qu'affirme Amnesty International dans un rapport publié à la veille d'un nouveau sommet sur la crise migratoire à Bruxelles.

"En parallèle aux discussions sur les migrations entre l'UE et la Turquie", le gouvernement d'Ankara a interpellé et placé en détention "de très nombreux, peut-être des centaines de réfugiés et demandeurs d'asile", écrit l'ONG.

Les autorités turques ont immédiatement démenti ces allégations. "Nous nions catégoriquement que des réfugiés syriens ont été forcés de retourner en Syrie", a réagi un responsable turc auprès de l'AFP, assurant que la politique de "porte ouverte" adoptée depuis le début du conflit syrien restait de mise.

"Certains (réfugiés) ont rapporté avoir été enchaînés, battus et transportés de force dans le pays qu'ils avaient fui", ajoute Amnesty sur la foi de nombreux témoignages, dénonçant une "violation directe du droit international".

"Lorsqu'ils vous passent des chaînes aux mains et aux jambes, vous avez l'impression d'être un esclave", a ainsi déclaré à l'ONG un Syrien âgé de 40 ans.

Ankara s'enorgueillit d'accueillir sur son sol 2,5 millions de réfugiés syriens et irakiens.

Depuis la signature le mois dernier d'un accord avec Bruxelles prévoyant une aide financière européenne de 3 milliards d'euros en échange d'un contrôle accru de ses frontières la Turquie a interpellé des milliers de candidats à l'exil.

"En engageant la Turquie comme gardienne de l'Europe dans la crise des réfugiés, l'UE risque d'ignorer et désormais d'encourager de graves violations des droits de l'homme", a déclaré John Dalhuisen, responsable d'Amnesty pour l'Europe et l'Asie centrale.

"La coopération entre l'UE et la Turquie sur les migrants doit cesser jusqu'à ce que ces violations fassent l'objet d'enquêtes et cessent", a-t-il ajouté.

Amnesty affirme que des responsables européens lui ont confirmé que les six "centres de réception" que l'UE envisage de financer en Turquie seraient des centres de détention.

Une porte-parole de la Commission européenne, Maja Kocijancic, a indiqué que le rapport d'Amnesty était "en cours d'examen". "Ce rapport fera l'objet d'un examen attentif et des consultations nécessaires avec les autorités turques", a-t-elle dit.

Un "mini-sommet" européen réunissant huit pays de l'Union européenne et la Turquie est prévu jeudi à Bruxelles pour évoquer la crise des migrants et réfugiés.

Depuis le début de l'année, plus de 650.000 migrants ont pris la mer depuis la Turquie pour rallier les îles grecques, selon l'ONU. Sur la même période, plus de 500 d'entre eux ont trouvé la mort, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Avec AFP

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