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La Turquie et Israël s'apprêtent à annoncer la normalisation de leurs relations diplomatiques


Le 24 novembre 2009, le ministre de l'économie Benjamin Ben-Eliezer s'exprime avecle ministre turc de la défense Vecdi Gonul, à Ankara, Turquie.

Le 24 novembre 2009, le ministre de l'économie Benjamin Ben-Eliezer s'exprime avecle ministre turc de la défense Vecdi Gonul, à Ankara, Turquie.

La Turquie et Israël devraient annoncer dimanche leur décision de normaliser leurs relations diplomatiques, soldant une longue crise ouverte par l'assaut meurtrier donné en 2010 par des commandos israéliens contre un navire turc d'aide humanitaire affrété pour Gaza en plein blocus.

Citant des "sources haut placées" ayant requis l'anonymat, le quotidien indique qu'un responsable du ministère turc des Affaires étrangères et un envoyé spécial du Premier ministre israélien doivent se rencontrer dimanche -- sans préciser où -- afin d'annoncer la normalisation totale des relations.

Celle-ci marquera la résolution d'une grave brouille de six ans entre les deux puissances régionales anciennement proches, après des tractations diplomatiques intensives.

Le quotidien israélien Haaretz a indiqué mardi que c'est dans une capitale européenne que les négociateurs turcs et israéliens devaient se retrouver dimanche.

Interrogé par l'AFP, le ministère turc des Affaires étrangères n'a ni confirmé ni démenti une telle rencontre. Le vice-Premier ministre Numan Kurtulmus a évoqué pour sa part sur la télévision privée NTV des "progrès certains", tout en ajoutant que "l'accord (de normalisation) n'avait pas encore atteint son ultime étape".

"Cela va arriver, si Dieu le veut, dans la direction que nous souhaitons. La Turquie ne fera pas de concessions", a-t-il dit, rappelant l'une des conditions demandées par Ankara à une normalisation: "un allègement ou une levée du blocus de Gaza", territoire palestinien devenu "une prison à ciel ouvert".

Les relations diplomatiques n'avaient pas été rompues mais abaissées avec le retrait des ambassadeurs et le gel de la coopération militaire après l'assaut mené par des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, un navire affrété par une association humanitaire turque, dans lequel dix Turcs pro-palestiniens avaient été tués.

Le ferry faisait partie d'une flottille internationale de six bateaux chargée d'aide humanitaire pour tenter de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza.

Ankara avait posé trois conditions à une normalisation : des excuses publiques pour l'assaut, des indemnisations financières pour les victimes et la levée du blocus de Gaza, contrôlé par le mouvement islamiste politico-militaire palestinien Hamas. Les deux premières ont été partiellement satisfaites.

Instauré en juin 2006, le blocus terrestre, maritime et aérien avait été allégé après le tollé international provoqué par l'assaut de la flottille. Le blocus maritime a été desserré en avril.

Aux termes de l'accord de normalisation, Israël autorisera la construction d'un hôpital, d'une nouvelle centrale électrique et d'une usine de production d'eau potable à Gaza.

La Turquie par ailleurs enverra de l'aide à Gaza mais via le port israélien d'Ashdod, et non pas directement, ajoute le Hurriyet. Une normalisation permettra la reprise des manoeuvres militaires conjointes et des projets d'investissements dans la défense et l'énergie pourront aller de l'avant, ajoute le quotidien turc.

L'accord de normalisation entre la Turquie et Israël devrait être formalisé en juillet par les deux pays et la réconciliation entérinée avant la fin juillet avec l'envoi d'ambassadeurs, ajoute le Hurriyet.

Une normalisation avec Israël interviendrait alors que la Turquie, important membre de l'Otan, vient d'envoyer des signaux de sa volonté de sortir de son isolement sur la scène internationale.

Vendredi, le nouveau Premier ministre Binali Yildirim a ainsi adressé des signes d'apaisement en direction de plusieurs pays, mentionnant notamment Israël, la Russie ou l'Egypte.

"Il ne peut pas y avoir d'inimitié permanente entre ces pays qui bordent la Méditerranée (ou) la mer Noire", a déclaré M. Yildirim dans une interview publiée par le quotidien Hurriyet.

Avec AFP

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