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La Tunisie va armer sa police du tourisme suite à l'attentat de Sousse


Un blesse est examine par les secours après l'attaque de Sousse, 26 juin 2015

Un blesse est examine par les secours après l'attaque de Sousse, 26 juin 2015

Un millier d'agents de sécurité supplémentaires vont être déployés pour protéger hôtels, plages et sites touristiques après un attentat contre un hôtel qui a fait 38 morts, le plus sanglant de l'histoire du pays.

Alors que plusieurs Britanniques et une Allemande figurent parmi les morts, les ministres de l'Intérieur français, allemand et britannique sont attendus lundi sur les lieux de la tuerie, où ils donneront notamment une conférence de presse.

C'est la première fois, selon les autorités, que la police touristique va être armée. Le ministère du Tourisme a précisé que 1.000 agents de sécurité armés viendraient renforcer à partir du 1er juillet la police touristique, et seraient déployés à "l'intérieur et à l'extérieur des hôtels", sur les plages et dans les sites touristiques et archéologiques.

Cette annonce intervient deux jours après qu'un jeune Tunisien a fait irruption sur la plage d'un hôtel à Port El Kantaoui, près de Sousse (140 km au sud de Tunis), une Kalachnikov cachée dans son parasol, avant d'ouvrir le feu sur les touristes.

Au moins 16 Britanniques ont été tués selon les autorités tunisiennes, qui ont identifié 20 des 38 victimes. Parmi elles se trouvent également des ressortissants belge, allemand, irlandais et portugais.

La Grande-Bretagne, qui paye le plus lourd tribut, a dépêché des enquêteurs sur place. Dimanche après-midi, un petit groupe de policiers britanniques est arrivé à la morgue de l'hôpital Charles Nicolle de Tunis, où les corps des victimes ont été transférés.

Parmi les blessés, 39 selon le dernier bilan tunisien, six sont toujours dans un "état critique", a annoncé la direction espagnole du Riu Imperial Marhaba Hotel, où a eu lieu la tuerie, disant être en contact avec les hôpitaux locaux.

Sur les lieux du drame, touristes et Tunisiens ont déposé dimanche des fleurs en mémoire des victimes.

Le ministère de l'Intérieur a indiqué que la famille du tueur présumé avait été interrogée et que son téléphone portable, qu'il avait jeté dans la mer, avait été retrouvé.

"Une seule personne a perpétré l'attentat mais ce qui est sûr, c'est qu'il y a des gens qui ont aidé" l'assaillant, abattu par la police après le carnage, a-t-on ajouté.

Malek, 16 ans, un témoin de l'attaque, a raconté à l'AFP avoir vu le tireur "commencer à tirer sur le sable". "Tout le monde s'est levé pour voir ce qui se passait, puis on l'a vu tirer sur les touristes avec un grand sourire", a-t-il ajouté.

Selon des témoins, l'attaque a duré de 30 à 40 minutes, et beaucoup de Tunisiens se demandaient pourquoi l'assaillant n'a pas été neutralisé plus tôt par les forces de l'ordre. Interrogé par l'AFP, le porte-parole de l'Intérieur a refusé de réagir, arguant de l'enquête en cours.

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l'attaque, menée par un jeune homme identifié par les autorités comme Seifeddine Rezgui, né en 1992.

Avec 1.000 km de littoral, d'innombrables plages et des sites archéologiques de renommée internationale, la Tunisie a très longtemps été l'une des destinations phare des tours opérateurs européens.

Mais depuis la révolution de 2011 qui a chassé du pouvoir Zine El Abidine Ben Ali, bouleversements politiques, tensions économiques et sociales et montée du jihadisme ont pesé sur le secteur crucial du tourisme (7% du PIB).

Les réservations avaient déjà chuté après l'attentat du Bardo le 18 mars (22 morts dont 21 touristes étrangers), et un flot continu de touristes arrivaient encore dimanche soir à l'aéroport d'Enfhida, entre Tunis et Sousse, en vue de repartir dans leurs pays, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une famille polonaise qui s'apprêtait à rentrer chez elle a expliqué avoir souhaité rester en Tunisie, mais le tour opérateur qui gérait leur séjour les a exhorté de rentrer.

La France n'a pour l'heure annoncé aucune victime, mais Tunis n'a toujours pas publié la liste détaillée des victimes qui n'étaient vêtues que de leurs maillots de bain au moment du carnage, sans papiers d'identité sur elles.

"Nous prenons le temps nécessaire. Il faut faire zéro erreur", a déclaré Naoufel Somrani, directeur des services d'urgence au ministère de la Santé, ajoutant que des familles étaient arrivées de l'étranger pour identifier les corps.

Depuis 2011, des dizaines de soldats et policiers ont été tués par des jihadistes en Tunisie, un pays qui fournit le plus gros contingent de ressortissants - environ 3.000 - auprès de groupes extrémistes en Syrie, en Irak et en Libye.

Avec AFP

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