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La Tunisie s'attaque à la lutte contre la prolifération des déchets


Des personnes aident des agents de la salubrité publique à nettoyer un amas d’immondices près du bureau du Premier ministre à Kasbah, à Tunis, 27 janvier 2011.

Des personnes aident des agents de la salubrité publique à nettoyer un amas d’immondices près du bureau du Premier ministre à Kasbah, à Tunis, 27 janvier 2011.

La Tunisie, en butte à une prolifération des déchets, a mis en place un plan pour mettre fin à la "détérioration de la situation environnementale", a annoncé le ministre de l'Environnement.

Depuis la révolution de 2011, "les déchets sont partout", a reconnu lors d'une conférence de presse le ministre des Affaires locales et de l'environnement, Riadh Mouakher.

A travers le pays, le ramassage des ordures est en effet devenu aléatoire et les déchets ménagers, mais aussi de construction, jonchent de nombreuses rues, dans les villes comme dans les campagnes.

En cause, l'affaiblissement des municipalités, dissoutes après la révolution et remplacées par de simples "délégations spéciales" en attendant des élections municipales sans cesse repoussées, ainsi qu'un manque d'équipements, de centres de traitement et de décharges, selon les autorités.

Si l'incivisme et les services publics défaillants existaient déjà avant le soulèvement, le phénomène a depuis explosé et il est courant de voir mouchoirs, bouteilles en plastique et paquets de cigarette par terre.

Depuis octobre, le gouvernement d'union, entré en fonctions fin août, a pris des mesures pour "aider les municipalités dans le ramassage des ordures", notamment en allouant un budget à l'achat d'équipements, selon M. Mouakher.

Mais face à ce problème complexe, les autorités vont aussi "accélérer la construction de centres de transfert (de déchets), qui sont très importants dans le système de collecte des ordures", a-t-il ajouté.

Une dizaine de centres de transfert --l'étape entre le ramassage et la décharge--, en majorité dans le Grand Tunis, devrait voir le jour d'ici fin 2017/début 2018.

Le gouvernement veut globalement se diriger "de façon irréversible vers la valorisation des déchets dans des écopôles", a expliqué M. Mouakher.

Par ailleurs, pour éviter que les gravats ne soient déversés au mauvais endroit, l'Etat est prêt à payer pour les récupérer, afin qu'ils soient concassés pour produire du sable ou du gravier pouvant servir à la construction de routes ou à enfouir les déchets, selon le ministre.

Le secteur privé, notamment les petites entreprises, sera aussi invité à participer au ramassage des ordures et à leur tri ainsi qu'à l'entretien des espaces verts, a-t-il encore dit.

Au premier trimestre 2017, les autorités comptent en outre lancer une grande campagne pour "réveiller les consciences", et instaurer une police environnementale qui dépendra des municipalités.

Le gouvernement veut enfin que les municipales se tiennent "avant la fin 2017" et va présenter "une initiative" pour débloquer le projet de loi les régissant au Parlement, a conclu M. Mouakher, sans plus de précisions.

Avec AFP

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