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La télé publique interdit les images de destruction de biens publics en Afrique du Sud


Les étudiants brûlent des toilettes portables au cours de leur protestation contre la hausse des frais académiques à Pretoria, Afrique du Sud, 23 octobre 2015.

Les étudiants brûlent des toilettes portables au cours de leur protestation contre la hausse des frais académiques à Pretoria, Afrique du Sud, 23 octobre 2015.

Le groupe audiovisuel public sud-africain SABC justifie sa décision par son refus d'encourager des manifestants à détruire d’autres bâtiments publics.

Le SABC a annoncé vendredi qu'il ne diffuserait plus d'images de manifestations violentes montrant la destruction de bâtiments publics, une décision qui s'apparente, selon l'opposition, à de la censure à l'approche des élections municipales d'août.

"Nous n'allons pas faire la publicité de telles actions destructrices", a expliqué la SABC dans un communiqué. "Continuer à les montrer risque d'encourager d'autres communautés à faire de même", a-t-elle ajouté.

Début mai, des manifestants dans la province du Limpopo (nord) avaient détruit une vingtaine d'écoles pour protester contre un redécoupage électoral de municipalités.

Depuis le début de l'année, plusieurs bâtiments universitaires ont aussi été volontairement endommagés lors d'incidents distincts, tandis des manifestations violentes contre le manque de services publics sont monnaie courante dans le pays.

La décision de la SABC intervient à deux mois des élections municipales du 3 août, où l'opposition espère profiter d'un climat politique et économique plombé pour marquer des points contre le parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

Le principal parti d'opposition de l'Alliance démocratique (DA) a dit vendredi étudier la possibilité de saisir la justice, accusant la SABC de devenir "un portail de propagande" pour l'ANC.

La décision "vraiment stupide" de la SABC "va miner sa propre crédibilité", a réagi pour sa part le directeur de l'école de journalisme de l'université de Witwatersrand à Johannesburg, Franz Kruger, interrogé par l'AFP.

Avec AFP

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