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La Syrie envisage une trêve pour l'Eid al-Adha


Lakhdar Brahimi a aidé à négocier une trêve en Syrie pour l'Eid, mais Damas doit encore confirmer qu'elle sera respectée

Lakhdar Brahimi a aidé à négocier une trêve en Syrie pour l'Eid, mais Damas doit encore confirmer qu'elle sera respectée

L’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a déclaré ce mercredi que le gouvernement syrien a donné son aval pour une trêve durant la fête musulmane de l’Eid al-Adha. A Damas, le ministère des Affaires étrangères a toutefois précisé que l’annonce officielle ne sera pas faite avant jeudi.

C’est en compagnie de plusieurs anciens leaders et diplomates, y compris l’ex-président américain Jimmy Carter, que M. Brahimi a annoncé le cessez-le-feu. L’émissaire, pesant bien ses mots, a dressé un tableau encourageant d'une situation plutôt grave. Il dit que le gouvernement syrien accepte d’observer un cessez-le-feu pour la période de l’Eid al-Adha, ajoutant qu’il a pu contacter quelques dirigeants rebelles à l’intérieur de la Syrie et que la plupart d’entre eux sont d’accord sur le principe de la trêve.

L’ancien diplomate algérien, qui est aussi un négociateur chevronné, a fait savoir qu’en cas de succès du cessez-le-feu, il essaierait de faire davantage, mais sans précipitation. Il devait informer le Conseil de sécurité de l’ONU mercredi après-midi lors d’une conférence vidéo.

Durant les semaines écoulées, M. Brahimi a visité plusieurs pays au Moyen-Orient, dans le dessein de forger une trêve en Syrie.

A Damas, la télévision d’État rapporte que le gouvernement prendra une décision finale jeudi. A l’occasion de la fête de l’Eid, la Syrie avait annoncé, il y a plusieurs jours, la libération d’un certain nombre de prisonniers qui ne sont pas des « terroristes ».

Du côté des rebelles, le commandant Malek Kurdi de l’Armée syrienne libre a déclaré à des chaînes arabes que ses forces « respecteront le cessez-le-feu, si le gouvernement en fait de même ». Il a cependant précisé que cette trêve ne va pas tenir, si la libération des prisonniers, promise par Damas, n’a pas lieu.

Un leader radical de l’opposition syrienne, Haithem Maleh, soutient que les forces rebelles sont en position offensive, alors que le gouvernement est sur la défensive, » donc il est « important que le pouvoir n’essaie pas de profiter du cessez-le-feu pour consolider sa position sur le terrain ».

L’analyste Peter Harling de l’International Crisis Group rappelle que diverses tentatives, en vue d’un cessez-le-feu, ont échoué en Syrie. « Dans le contexte de crise actuel, on a pratiquement essayé toutes sortes de trêves possibles », a-t-il dit. « Aucune d’elles n’a donné de résultats concrets, parce que nous sommes dans un conflit qui devient de plus en plus intense, où les deux camps sont convaincus qu’ils peuvent remporter une victoire militaire, même si cela prend du temps. »

Pour que le cessez-le-feu tienne, fait remarquer M. Harling, « Il faut un changement significatif dans la dynamique du conflit ». Il faut également ce qu’il appelle « une quantité énorme de détails afin de parer aux violations qui peuvent et vont avoir lieu. »
Un obstacle possible, selon l’ancien porte-parole onusien Timor Goksel, qui enseigne actuellement à l’Université américaine de Beyrouth, c’est la structure de commandement décentralisée des rebelles syriens.

Quoi qu’il en soit, une trêve est toujours une bonne chose pour les citoyens ordinaires, dans le théâtre du conflit. « Pour l’homme de la rue, c’est fantastique. Les gens pourront mettre de l’ordre dans leur vie, au moins pour trois, quatre jours…mais je ne suis pas trop imbu », a ajouté M. Goksel, de ce que feront les protagonistes. « Je ne sais pas qui décide pour eux. » C’est vraiment difficile à dire, a-t-il ajouté.

La fête de l’Eid al Adha doit commencer jeudi soir.
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