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La stigmatisation, fléau de la lutte contre le VIH/sida


« Le SIDA, vivre dans l'ombre » , un métrage de la VOA sur la stigmatisation des séropositifs (Photo VOA)

« Le SIDA, vivre dans l'ombre » , un métrage de la VOA sur la stigmatisation des séropositifs (Photo VOA)

Malgré, l’avancée des traitements antirétroviraux, la stigmatisation demeure pour les malades. Une problématique abordée lors de la 20e Conférence internationale sur le sida, à Melbourne, en Australie, et dans un film réalisé par la Voix de l’Amérique (VOA).

Dès l’apparition du virus du SIDA dans les années 1980, la maladie s’est très vite accompagnée de stigmatisation. Deux groupes en particuliers étaient visés : les homosexuels et les utilisateurs de drogue par voie intraveineuse

Quelques 30 ans plus tard, le visage du sida a changé. Aujourd’hui, les nouveaux malades sont statistiquement plus susceptibles d’être des femmes africaines hétérosexuelles

La stigmatisation demeure de l’Asie à l’Afrique, du Cambodge au Nigeria en passant par l’Ouganda. Elle persiste aussi en 2014 dans les pays développés comme les Etats-Unis et le Canada, affirme le Dr Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIH).

« Aux États-Unis, un pays développé, il y a encore, comme le montre le film, même dans la ville où je vis, une stigmatisation considérable, parfois très subtile, qui empêche les gens de recevoir des soins approprié au moment opportun. Donc, cela a beaucoup de conséquences », explique M. Fauci.

Au Nigeria, où il est interdit par la loi d'être homosexuel, Ifeanyi Kelly Orazulike, un militant homosexuel, nous dresse un sombre tableau de la stigmatisation.

« Il est incroyable de voir comment nous avons vécu grâce au travail que nous faisons au Nigeria. Et comment nous avons pu survivre c'est-à-dire permettre l’accès aux services de santé et à la justice sociale. Parce que survivre un jour devient plus effrayant que le jour précèdent » déclare M. Orazulike.

La stigmatisation affecte non seulement des patients, mais également des professionnels de santé. Le Dr.Julio Montaner travaille dans le secteur depuis des décennies, et affirme que la stigmatisation empêche certaines avancées. Il décrit, par exemple, sa lutte pour obtenir l'approbation du gouvernement pour mettre en place un site sécurisé d'échange de seringues pour les utilisateurs de drogues à Vancouver au Canada.

« Déjà, nous souffrons d'une stigmatisation par association. Je ne vois pas trop mon ami cardiologue à qui l’on demande : ‘Pourquoi faites-vous ce travail? Qu'est-ce qui vous motive à faire ce travail? Pourquoi êtes-vous si passionné ?’ Je veux dire, les gens acceptent qu’être cardiologue, c’est être passionné par les maladies cardiaques. Mais nous, on nous demande tout le temps : Pourquoi diable vous souciez-vous des personnes qui utilisent des drogues? »

Le Dr. Montaner n’a pas de réponse à cette question. Pourquoi, dit-il, doit-il se justifier plus que tout autre médecin, concernant le traitement de toute autre maladie?

C'est l'une des nombreuses questions qui continue d’entraver la lutte contre le VIH/sida.

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