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La seule machine de radiothérapie est en panne en Ouganda


Une infirmière installe une intraveineuse à l’hôpital Fox Chase Center de Philadelphie, 4 aout 2015

Une infirmière installe une intraveineuse à l’hôpital Fox Chase Center de Philadelphie, 4 aout 2015

Le gouvernement chinois avait donné cette machine il y a près de 20 ans. Le seul matériel de radiothérapie du pays est aujourd'hui en panne.

Les malades du cancer en Ouganda sont désormais privés de la seule machine de radiothérapie du pays, qui est récemment tombée en panne et ne peut plus être réparée, nouvel avatar d'un système de santé aux abois.

Don du gouvernement chinois à l'Ouganda il y a 21 ans, la machine à radiothérapie a depuis permis de soigner et d'atténuer les douleurs de quelque 30.000 patients par an. Après plusieurs pannes ces dernières années, elle a finalement rendu l'âme au début du mois, a indiqué à l'AFP Jackson Orem, directeur de l'Institut du cancer ougandais installé dans l'hôpital de Mulago, le principal de la capitale Kampala.

Le gouvernement ougandais a bien investi 325.000 euros pour en acheter une nouvelle il y a trois ans, mais l'abri devant accueillir le nouvel équipement n'a pas été construit et la machine ne pourra pas être mise en service avant un an.

"Si les ouvriers travaillent 24 heures sur 24 pendant 6 mois, l'abri devrait être prêt", a expliqué à l'AFP M. Orem.

"Cela veut dire que pendant la deuxième partie de l'année, nous pourrions installer la machine et la tester et qu'elle devrait être opérationnelle d'ici un an", a-t-il avancé.

Autant dire une éternité pour les patients ougandais, à l'image de Bronia Naturinda, qui souffre d'un cancer de l'utérus diagnostiqué l'année dernière.

Ce n'est qu'après avoir parcouru 300 km pour se faire soigner à Kampala que la jeune femme de 28 ans a appris que la machine de radiothérapie ne fonctionnait plus.

"Ca m'a fait de la peine parce que je me disais que si elle marchait, alors ça irait pour moi, je serais soignée", a-t-elle témoigné auprès de l'AFP.

Cette affaire a relancé des critiques récurrentes au sein de la société ougandaise sur le système de santé mal en point du pays, dirigé depuis 1986 par le président Yoweri Museveni.

Winnie Watera, économiste au sein d'un observatoire de la société civile baptisé "Parliament Watch", voit de nombreuses raisons à cet échec.

"Il y a la question de l'argent, celle du management, il y aussi celle de la planification", a-t-elle jugé.

"Quand toutes ces conditions sont réunies, tout fonctionne mais si l'un de ces éléments fait défaut, et en l'occurrence il s'agit des trois à la fois, alors on a un problème."

Les patients ougandais sont depuis redirigés vers le Kenya voisin pour aller se faire soigner, un trajet au prix inabordable pour nombre d'entre eux.

Mardi, l'hôpital universitaire Aga Khan à Nairobi a offert un traitement gratuit pour 400 patients ougandais.

"Nos valeurs en tant qu'institution nous dictent d'agir ainsi", a déclaré le directeur de l'hôpital Shawn Bolouki dans un communiqué.

"Nous encourageons d'autres (établissements) à suivre notre exemple", a-t-il ajouté.

Avec AFP

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