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La sécurité renforcée en Chine pour le 25ème anniversaire de Tiananmen


Certaines des victimes de la répression du mouvement pro-démocratie tuées sur la place Tiananmen le 4 juin 1989.

Certaines des victimes de la répression du mouvement pro-démocratie tuées sur la place Tiananmen le 4 juin 1989.

La Chine marque ce mercredi, sous haute sécurité, le 25ème anniversaire de l'écrasement du mouvement pro-démocratie dit de Tiananmen.

A l’approche du 4 juin, des dizaines d’activistes ont été arrêtés ou placés en résidence surveillée. Le gouvernement chinois a défendu sa répression, qualifiant ces interpellations de « légales ».

Lorsqu'on lui a demandé mardi pourquoi Beijing juge nécessaire de sévir contre les dissidents, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, a déclaré que la Chine n’a fait qu’appliquer la loi.

« En Chine, il n’y a que ceux qui enfreignent la loi - il n'y a pas de soi-disant dissidents. Les services compétents du gouvernement chinois agissent conformément à la loi. L’autorité juridique de la Chine doit être respectée ».

Incarcérer des activistes est une tradition pour Beijing, qui procède à ces interpellations à l’approche de certains anniversaires, mais qui a fait preuve, cette année, d’une diligence particulière. Parmi les derniers détenus : l’artiste australien Guo Jian, qui est né en Chine. Il a été embarqué par la police dimanche soir, après que le Financial Times eut publié une interview avec lui.

La Haut-Commissaire des Nations Unies (ONU) aux droits de l’Homme a appelé les autorités chinoises à « immédiatement libérer ceux qui ont été arrêté dans l’exercice de leur droit à la liberté d’expression. » Navy Pillay a aussi déploré les mesures prises pour limiter l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux. « Au lieu d’étouffer les tentatives pour commémorer les événements de 1989, les autorité devraient encourager et faciliter le dialogue et la discussion en tant que moyens de surmonter l’héritage du passé », a-t-elle souligné.

Il faut dire que Beijing ne permet aucune discussion publique des évènements de 1989 à Tiananmen, lorsque des centaines, voire des milliers de manifestants, ont été tués par des militaires chinois dans la capitale. Le bilan n’a jamais été publié.

La Chine a décidé depuis longtemps de regarder vers l’avenir, a souligné le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, évoquant les « réalisations énormes aux plans social et économique » du régime.

Par contre, Mme Pillay a insisté sur l’importance de poursuivre la vérité sur les événements du 4 juin 1989, malgré le temps qui s’est écoulé, et elle a suggéré une enquête indépendante.

« Il existe des versions des faits très divergentes. Le nombre de morts, par exemple, varie de centaines à des milliers de personnes et de nombreuses familles de victimes attendent toujours une explication sur ce qui est arrivé à leurs proches », a rappelé Mme Pillay.
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