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La Russie expulse des réfugiés syriens vers la Norvège, selon Oslo


Un homme et sa fille à la station frontalière russe de Storskog dans le nord de la Norvège le 13 Octobre 2015. La loi norvégienne oblige Les migrants à voyager en vélo. Source: Reuters

Un homme et sa fille à la station frontalière russe de Storskog dans le nord de la Norvège le 13 Octobre 2015. La loi norvégienne oblige Les migrants à voyager en vélo. Source: Reuters

La Norvège a fait état jeudi d'un nombre croissant de demandeurs d'asile arrivant sur son territoire en provenance de Russie où leur permis de séjour a été révoqué, probablement pour éviter que le pays scandinave ne les y renvoie.

Cette tendance s'inscrit dans ce qui semble être un duel feutré entre les deux pays dont les relations sont au plus bas depuis la fin de la Guerre froide à cause de la crise ukrainienne.

"Nous observons qu'il y a maintenant des personnes qui viennent ici avec un arrêté d'expulsion (...) Elles sont indésirables sur le territoire russe", a déclaré à l'AFP Ellen Katrine Haetta, une responsable de la police norvégienne près de la frontière russo-norvégienne dans l'Arctique. "Leur nombre est important et va croissant", a-t-elle dit.

Plus de 1.800 demandeurs d'asile sont arrivés en Norvège depuis le début de l'année en passant par le Grand Nord, un trajet moins périlleux qu'une traversée de la Méditerranée mais qui met sous pression les capacités d'accueil locales.

Estimant qu'entre 20 et 30% d'entre eux séjournaient auparavant légalement en Russie et n'avaient donc pas besoin de sa protection, la Norvège a ordonné mardi à ses services de l'immigration d'instruire en priorité ces dossiers en vue de renvoyer ces personnes vers la Russie.

L'afflux, depuis, d'arrivants dont le titre de séjour a été révoqué en Russie --avec interdiction de retour pendant cinq ans-- est interprété à Oslo comme une tentative russe d'annihiler les effets de la circulaire norvégienne.

La Norvège est d'autant plus agacée qu'elle soupçonne les autorités russes de laisser les migrants accéder aisément à sa frontière, sans disposer d'un visa Schengen, alors que, selon des médias norvégiens, elles le réclament pour ceux qui aspirent à se rendre en Finlande.

Du coup, ce pays n'a reçu qu'une poignée de demandeurs d'asile en provenance de Russie. "La Norvège ne devrait pas accepter le jeu sordide de la Russie dans notre zone frontalière", écrivait jeudi Verdens Gang, le journal le plus lu de Norvège, dans un éditorial.

Oslo a officiellement demandé à Moscou des explications. Une rencontre entre fonctionnaires russes et norvégiens mercredi n'a pas "donné de réponse complète", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la diplomatie norvégienne, Ane Haavardsdatter Lunde.

Avec AFP

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