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La police refoule plusieurs milliers de partisans de l'opposant Katumbi à Lubumbashi en RDC


Des partisans de Moise Katumbi, candidat à la présidentielle, à Lubumbashi, en RDC, le 11 mai 2016.

Des partisans de Moise Katumbi, candidat à la présidentielle, à Lubumbashi, en RDC, le 11 mai 2016.

La police congolaise a refoulé vendredi à la mi-journée plusieurs milliers de partisans de l'opposant congolais Moïse Katumbi aux alentours du palais de justice de Lubumbashi, où celui-ci devait déposer dans le cadre d'une enquête diligentée contre lui.

A proximité du bâtiment, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur la foule tandis qu'à l'intérieur les agents s'employaient à chasser des dizaines d'avocats arrivés depuis plusieurs heures et affirmant vouloir "plaider pro deo" (gratuitement) pour M. Katumbi.

"Nous voulons plaider pro deo en faveur de M. Katumbi et de toutes les autres personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête", a déclaré à l'AFP l'un d'eux, Me Hubert Tshiswaka, peu avant que la police ne les boute hors du palais en dispensant des coups de matraque.

Pour sa troisième journée d'audition par un magistrat du parquet de Lubumbashi, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, M. Katumbi est entré au palais de justice vers 12H05 (10H05 GMT) tout de blanc vêtu - comme lors de ses auditions de lundi et mercredi - visiblement tendu, accompagné de ses avocats habituels et de membres de sa famille.

Candidat déclaré à la prochaine présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année, M. Katumbi est accusé par les autorités d'avoir recruté des mercenaires, ce qu'il dément, voyant derrière cette affaire la main du pouvoir, qu'il accuse de vouloir le mettre hors jeu.

Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé le président de la RDC Joseph Kabila à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'est pas organisée.

Dans cette vidéo, l'opposant parle d'un incident entre la police et son frère :

Colonel aux arrêts

Le climat politique est tendu depuis des mois en RDC en raison de l'intention que l'opposition prête à M. Kabila de vouloir s'accrocher à son poste au-delà du terme de son mandat en décembre, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Alors que ses détracteurs demandent au chef de l'État de veiller à ce que la présidentielle soit organisée dans les temps, aucune date n'a encore été fixée pour cette élection, dont la probabilité d'un report grandit de jour en jour.

M. Katumbi estime que l'enquête le visant, annoncée le 4 mai après l'arrestation de quatre de ses gardes du corps, dont un Américain, est motivée par une volonté politique de lui "nuire" pour le mettre hors jeu politiquement.

Habillé en blanc - comme lors de ses deux premières auditions, lundi et mercredi - ce richissime homme d'affaires, propriétaire du célèbre club de football TP Mazembe de Lubumbashi, s'est présenté au palais de justice visiblement tendu, accompagné de ses avocats habituels et de membres de sa famille.

Selon sa défense, il devait être confronté à huit personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête, dont un colonel de la police de Lubumbashi.

Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé le président de la RDC Joseph Kabila à rester en fonctions au-delà du terme de son mandat, fin 2016, si l'élection présidentielle censée avoir lieu cette année n'est pas organisée.

Plusieurs dirigeants de la majorité réclament depuis quelques mois une "transition" de deux à quatre ans pour organiser de "bonnes élections", arguant d'obstacles logistiques et financiers à la tenue de la présidentielle dans les temps.

Avec AFP

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