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La Mauritanie institue une Journée nationale de lutte contre l'esclavage


Des femmes à Tarenguel, dans la région de Gorgol (sud) en Mauritanie, le 30 mai 2012. (Photo REUTERS/Susana Vera)

Des femmes à Tarenguel, dans la région de Gorgol (sud) en Mauritanie, le 30 mai 2012. (Photo REUTERS/Susana Vera)

Elle sera célébrée chaque année le 6 mars pour contribuer à éradiquer ce phénomène qui perdure en dépit de son abolition depuis 35 ans.

Le conseil des ministres réuni jeudi a adopté un "projet de décret instituant une Journée nationale de lutte contre les pratiques esclavagistes", indique le gouvernement dans un communiqué publié par l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI).

Selon l'AFP citant un haut fonctionnaire, "cette journée sera commémorée tous les 6 mars", date à laquelle la Mauritanie a adopté en 2014 une "feuille de route pour l'éradication de l'esclavage, élaborée avec l'appui de l'ONU.

Cette journée devrait en principe être observée pour la première fois dimanche prochain, selon le fonctionnaire.

En annonçant l'adoption de la feuille de route pour l'éradication de l'esclavage, le gouvernement mauritanien avait expliqué que ce plan avait été élaboré sur la base de "recommandations" de la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les formes contemporaines d'esclavage, Gulnara Shahinian.

Il "porte sur la mise en œuvre de 29 recommandations touchant à des domaines juridiques, économiques et sociaux en vue d'élargir la lutte et la sensibilisation autour de l'éradication de l'esclavage", avait-il précisé.

En 2015, la Mauritanie a adopté une nouvelle loi faisant de l'esclavage un "crime contre l'humanité", réprimé par des peines allant jusqu'à à 20 ans de prison ferme, contre cinq à dix ans auparavant.

Fin 2015, elle a annoncé la création de trois cours criminelles spécialisées en matière de lutte contre l'esclavage, qui siègeront à Nouakchott, Néma (sud-est) et Nouadhibou (extrême nord-ouest), chacune ayant compétence pour les régions voisines.

Officiellement, l'esclavage a été aboli en 1981 en Mauritanie. Mais le phénomène persiste, selon des ONG, notamment sous la forme de cession gratuite par les descendants d'esclaves d'une partie de leur récolte à des personnes se considérant toujours comme leurs maîtres.

Avec AFP

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