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La marée noire, un désastre écologique mais également économique


Si Obama affirme que BP « devra payer », il n’est pas certain que sur le plan juridique, la société puisse vraiment être forcée à couvrir l’ensemble des dommages économiques provoqués par la pollution des eaux du Golfe du Mexique.

La marée noire en Louisiane est un désastre écologique, mais également économique. Si le président Barack Obama a déjà déclaré que la société British Petroleum (BP) « devrait payer », il n’est pas certain que sur le plan juridique, elle puisse vraiment être forcée à couvrir l’ensemble des dommages économiques provoqués par la pollution massive des eaux du Golfe du Mexique.


Selon l'Institut Harte d’études sur le Golfe du Mexique, le déversement accidentel du pétrole compromet toute l’économie de la région, chiffrée à $1.6 milliards par an. Tous les secteurs sont menacés : la pêche commerciale, la pêche sportive et le tourisme.

À partir de mardi, 170 vaisseaux et presque 7,500 personnels seront impliqués dans les efforts de nettoyage, avec l’appui de quelques 2,000 volontaires. L’enjeu est de sauver de 3 000 kilomètres de littoral, des plages de la Floride occidentale, à l'est, à celles du Texas, à l'ouest, et en même temps le tourisme, soit des dizaines de milliers d’emplois qui dépendent de l'hôtellerie, de la restauration, sans oublier la pêche, et les cultures d’huitres et de fruits de mer.


La saison de la pêche devait commencer le 15 mai dans les États du golfe du Mexique. Un quart des produits de la mer consommés aux États-Unis et surtout, 75% de la récolte nationale de crevettes, proviennent de cette région.
La société BP affirme qu’elle couvrira les frais de nettoyage de la nappe pétrolière, et offrira des compensations aux victimes. Mais la législation actuellement en vigueur fixe à seulement 75 millions de dollars le plafond des indemnisations dues par les compagnies pétrolières en cas de dommages économique. Certes, des sénateurs américains ont déposé lundi un projet de loi pour relever ce plafond à 10 milliards de dollars, mais la loi est loin d’être adoptée, et même s’il l’est, il faudrait alors qu’elle soit rétroactive.


Même si la marée noire est rapidement jugulée, elle risque de créer une psychose chez les consommateurs américains, redoutent les habitants des États limitrophes au Golfe du Mexique. En 1980, des produits toxiques s’étaient déversés par accident dans le delta du Mississippi, explique le pêcheur de Louisiane Pete Gerica, et il avait fallu longtemps pour que le public oublie.


« Cela ne polluait pas, et cela n’a pas vraiment eu d’impact sur les produits de mer, sauf immédiatement là où les bateaux sont entrés en collision, où le truc est tombé. Mais il a fallu environ 6 mois que les gens arrêtent de se dire que les produits de mer étaient pollués » explique M. Gerica.
Autre souci pour les États affectés par la marée noire : Le tourisme était déjà en baisse aux États-Unis, et les responsables américains avaient espéré que 2010 verrait une relance des activités du secteur. Certes, 55 millions de visiteurs ont débarqué en 2009, mais le nombre d’arrivées a baissé pendant les trois premiers trimestres de l’année, la crise économique mondiale décourageant les vacanciers. En Floride, où le tourisme compte pour 20 pour cent de l’activité économique, l’impact de la chute du tourisme a été encore plus cruellement ressenti.

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