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La lutte antituberculeuse menacée par la pharmacoresistance


Des échantillons devant êtres testés pour la tuberculose au Cap, en Afrique du Sud

Des échantillons devant êtres testés pour la tuberculose au Cap, en Afrique du Sud

La lutte contre la tuberculose sur la planète, y compris en Afrique, est en bonne voie mais ses acquis sont menacés en raison de quelques obstacles en matière de soins et de résistance aux médicaments. Tel est le constat de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) dans son dernier rapport sur la tuberculose publié cette semaine.


Selon l’OMS, le traitement a permis de sauver plus de 22 millions de vies. Toutefois, deuxième après le VIH/Sida, la tuberculose reste l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde. Elle a fait 1,3 million de victimes en 2012. Pour un éclairage, Jacques Aristide s’est entretenu avec le Dr Mario Raviglione, directeur du programme mondial de lutte anti-tuberculose à l’OMS.

« Il y a eu un certain progrès dans la lutte contre la tuberculose, qui s’exprime avec un taux d’incidence, et un taux de mortalité, qui sont en baisse. Et cela, c’est un bon signe » a dit M. Raviglione. « C’est un signe que les programmes nationaux qu’ils ont adopté, les stratégies qu’il faut pour lutter contre la tuberculose, ont eu du succès ».

Toujours selon le haut responsable de l’OMS, « on sait que, par exemple, 56 millions de personnes entre 1995 et 2012, ont été guéries de la tuberculose ». Quelques 22 millions de personnes touchées par la maladie ont été sauvées.

Néanmoins, « si on peut dire en gros que la lutte contre la tuberculose en général marche », a noté M. Raviglione, des défis persistent. Quelques 3 millions de malades dans 12 pays ne sont pas identifiés, et on ignore tout de leur sort. « Beaucoup de gens échappent encore aux soins et souffrent. Ils ne sont pas diagnostiqués ou ne sont pas traités, ou l’on manque d’informations sur la qualité des soins qu’ils reçoivent » affirme le Dr Raviglione.

Par ailleurs, la résistance multiple aux antibiotiques normaux se développe inexorablement.

L’Afrique subsaharienne reste parmi les régions les plus menacées par la tuberculose. On y recense 27 % des cas de la maladie. « L’Afrique est particulièrement touchée », a dit M. Raviglione, « parce que l’épidémie de tuberculose coïncide avec l’épidémie du VIH/sida et cela a provoqué une augmentation des cas, dans les années 1990 surtout, très, très, importante ».

Heureusement, du fait du ralentissement de l’épidémie de VIH/sida, la maladie a perdu du terrain au début des années 2000. Néanmoins, le spectre de pharmacorésistance pèse sur la région.
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