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La justice ordonne la libération d'un ex-chef putschiste de l'armée en Guinée-Bissau


La cathédrale de Bissau

La cathédrale de Bissau

La Cour suprême de Guinée-Bissau a ordonné la libération immédiate de José Zamora Induta, accusé d'avoir tenté un coup d'Etat en octobre 2012, jugeant son placement en détention "illégal", selon l'arrêt.

La plus haute instance judiciaire du pays considère que le tribunal militaire ayant ordonné l'incarcération en septembre de l'officier supérieur était "incompétent, car le crime dont il doit répondre n'est pas un crime de nature militaire", peut-on lire dans cette décision de 20 pages rendue mercredi soir.

Le contre-amiral Induta, rentré en juillet dernier d'un exil de trois ans au Portugal à la suite du coup d'Etat d'avril 2012 qui a renversé le gouvernement de Carlos Gomes Junior, a été arrêté et mis en résidence surveillée. Le 22 septembre il a été transféré à la prison de Mansoa, à 60 km de Bissau.

"Mon client est prêt à affronter la justice pour tirer au clair les accusations qui pèsent sur lui, mais pas devant le tribunal militaire qui n'a aucune légitimité pour juger un tel cas", a déclaré à l'AFP son avocat, Me José Paulo Semedo.

Me Semedo avait saisi la Cour suprême d'une demande de liberté provisoire, alléguant de problèmes de santé pour son client.

José Zamora Induta a été formellement inculpé en octobre de participation à une organisation terroriste, de tentative de coup d'Etat et d'homicide, pour son implication présumée dans l'attaque contre la caserne des commandos d'élite de l'armée près de l'aéroport de Bissau le 21 octobre 2012.

L'attaque avait fait au moins sept morts, dont au moins six assaillants. Les autorités de transition avaient alors accusé le Portugal d'avoir tenté ainsi de remettre au pouvoir l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior, renversé en avril 2012.

L'élection du président José Mario Vaz, en mai 2014, a clos la période de transition ouverte par le putsch de 2012.

Petit pays d'1,6 million d'habitants, la Guinée-Bissau a connu depuis son indépendance du Portugal en 1974 de nombreuses tentatives de coups d'État, réussies ou manquées, dans lesquels les militaires ont généralement joué un rôle prépondérant.

Pendant des années, l'instabilité politique et la pauvreté y ont facilité l'implantation de narcotrafiquants, sous la protection présumée de hauts responsables de l'armée.

Avec AFP

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