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La justice étudie un recours de Jacob Zuma pour bloquer la sortie d'un rapport explosif


Le président Jacob Zuma, 17 mars 2016.

Le président Jacob Zuma, 17 mars 2016.

Les avocats du président sud-africain ont commencé à défendre devant un tribunal de Pretoria leur requête visant à bloquer la publication d'un rapport potentiellement très embarrassant pour Jacob Zuma, sur fond d'appels à la démission du chef de l'Etat.

Ce rapport très attendu sur la corruption au sommet de l'Etat a été rédigé par la médiatrice de la République Thuli Madonsela, avant qu'elle ne quittemi-octobre son poste où elle était chargée de veiller au bon usage des deniers publics.

Le chef de l'Etat a déposé un recours d'urgence devant la justice pour interdire la publication du document, recours qui a de fait suspendu la sortie du rapport et que contestent plusieurs partis d'opposition.

Au coeur du document se trouve la sulfureuse famille d'affaires Gupta, proche du président et soupçonnée d'intervenir notamment dans la nomination de ministres.

Mardi devant la Haute Cour de Pretoria, la défense de M. Zuma a réclamé davantage de temps pour permettre au président de répondre aux questions soulevées dans le rapport.

Me Anthea Platt, représentant le chef de l'Etat, a aussi affirmé que l'opposition n'avait pas d'"intérêt direct ou fondamental" dans cette affaire.

Le tribunal a cependant jugé mardi recevables les arguments de l'opposition et entendra, sur le fond de l'affaire, les deux parties mercredi.

Pour le chef de l'opposition Mmusi Maimane,"le peuple sud-africain a le droit de connaître la vérité sur la corruption de l'Etat".

"Si les allégations (contenues dans le rapport) sont vraies", elles ont le potentiel de déclencher "une procédure de destitution du président ou une motion de défiance", a déclaré devant le tribunal l'un des avocats de l'opposition, maître Dali Mpofu.

La publication du rapport pourrait être très gênante pour M. Zuma qui, après avoir survécu à plusieurs scandales depuis sa prise de fonction en 2009, est de plus en plus critiqué après le revers historique du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) aux élections municipales d'août.

Dans une charge inédite contre le président Zuma, la très respectée fondation Nelson Mandela a appelé, mardi à mots couverts, au départ du chef de l'Etat.

Il est temps que "les personnes qui compromettent notre démocratie et pillent ses ressources rendent des comptes", a estimé la fondation de l'ancien président Nelson Mandela (1994-1999), figure de l'ANC.

"Nous appelons le parti au pouvoir à prendre les mesures nécessaires pour protéger l'Etat et le placer dans des mains sûres et capables", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

L'un des principaux syndicats de la fonction publique, Nehawu, allié historique de l'ANC, a lui appelé M. Zuma "à prendre la décision courageuse et honorable" de démissionner "dans l'intérêt du parti".

Le rapport au coeur de la bataille judiciaire qui se joue actuellement est conservé dans les bureaux de la nouvelle médiatrice, Busisiwe Mkhwebane, qui a annoncé qu'elle se plierait à la décision de justice.

De son côté, la presse révèle au compte-gouttes des éléments de ce document ultra sensible.

Ce week-end, le Sunday Times a affirmé que David van Rooyen, alors député du parti au pouvoir, s'était par exemple rendu à sept reprises chez les Gupta dans la semaine précédant sa nomination surprise en décembre 2015 au ministère des Finances.

Une nomination qui avait provoqué la panique des marchés et contraint le président Zuma à rappeler, au bout de quatre jours seulement, le très respecté Pravin Gordhan au portefeuille des Finances.

Avec AFP

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