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La "Jungle" quasi-rasée en France tandis que les mineurs attendent aux portes de l'Angleterre


Des ours en peluche laissés par des migrants après que la Jungle a été détruite par les autorités françaises, le 28 octobre 2016.

Des ours en peluche laissés par des migrants après que la Jungle a été détruite par les autorités françaises, le 28 octobre 2016.

L'immense campement de migrants de Calais (nord de la France), démantelé en une semaine, devait finir d'être rasé lundi, hormis le centre provisoire accueillant quelque 1.500 mineurs, que le président François Hollande espère voir accueillis au Royaume-Uni.

Actant "la fin" de la "Jungle", où les migrants convergeaient dans l'espoir de gagner l'Angleterre, des pelleteuses ont entamé le déblaiement de ce camp, devenu le symbole des difficultés européennes à gérer la crise migratoire.

Une enfilade de caravanes a été placée près de l'entrée du bidonville, en vue d'un envoi en déchetterie, tandis que les lieux de vie - mosquées, églises, etc. - seront détruits en dernier, selon les autorités locales.

Des milliers d'adultes évacués ces derniers jours en car vers des centres disséminés sur l'ensemble du pays s'installaient eux dans leur nouveau cadre de vie.

Le président Hollande a affirmé samedi que la France ne tolérerait plus sur son sol de camps de migrants qui, selon lui, bafouent les valeurs nationales de solidarité.

Seuls quelque 1.500 mineurs, rassemblés dans un centre d'accueil dédié, peuplaient encore la zone désertée, en attendant l'instruction de leur dossier de réunification familiale pour l'Angleterre.

"Ils seront très rapidement acheminés vers d'autres centres", a promis samedi le président français, indiquant s'être "entretenu avec la Première ministre britannique Theresa May (...) pour que les Britanniques accompagnent ces mineurs dans ces centres et puissent prendre leur part pour ensuite les accueillir au Royaume-Uni".

"Plusieurs centaines d'enfants et de jeunes seront conduits au Royaume-Uni dans les prochains jours et semaines", a réagi samedi soir le gouvernement britannique par voie de communiqué, en rappelant avoir déjà "transféré un grand nombre de mineurs non accompagnés au Royaume-Uni".

Les autorités françaises ont désormais l'intention de s'attaquer "la semaine prochaine" au démantèlement d'un camp d'environ 2.000 migrants dans les quartiers nord de Paris.

Poser ses bagages loin de Calais

"L'Allemagne a accueilli un million de réfugiés, nous nous devons évacuer Calais, traiter la question de Paris la semaine prochaine, avec 2.000 personnes qui doivent être mises à l'abri et qui ont droit là aussi à la protection", a déclaré samedi le Premier ministre français Manuel Valls, lors d'une déplacement en Afrique de l'Ouest.

"Le pays des droits de l'Homme, de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, 66 millions d'habitants, cinquième puissance économique mondiale, ne pourrait pas, aux yeux du monde, ne pas être capable d'assurer sa tradition d'accueil", a justifié M. Valls.

Les anciens occupants de la "Jungle" découvraient ce week-end leur nouveau domicile dans des centres d'accueil répartis aux quatre coins de la France.

A Bruniquel, petit village médiéval de 600 âmes situé à une heure de Toulouse, (sud), onze Soudanais ayant fui le conflit au Darfour et au Sud-Soudan ne cachaient pas leur soulagement de poser leurs bagages loin du bidonville de Calais.

"Calais no good, jungle, no good. No eat, no sleep in jungle (Calais, ce n'est pas bien, la jungle, ce n'est pas bien. On ne peut pas manger, on ne peut pas dormir dans la jungle)", résume Mohamed, 30 ans, déterminé à apprendre le français.

"Il y avait de l'eau partout par terre, les tentes flottaient", ajoute Bushara, également en anglais. "C'était très compliqué, avec les gens qui se battaient, et les meurtres", renchérit Abdalla, 23 ans.

L'installation de ces nouveaux arrivants se déroulait jusqu'ici sans heurt, malgré l'hostilité déclarée de certains maires et riverains, alors que l'opinion publique française, traumatisée par une série d'attentats jihadistes, est particulièrement sensible aux questions d'insécurité et d'immigration.

Samedi, une manifestations anti-migrants organisée à Digoin (centre-est) par le parti français d'extrême droite Front national, a réuni une trentaine de personnes, tandis que quelque 300 autres participaient, non loin de là, à une contre-manifestation en soutien aux migrants.

Avec AFP

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