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La grève se poursuit à Brazzaville, ce qui inquiète les étudiants


ENS, établissement de l'université désert à cause de la grève, à Brazzaville, Congo, le 6 septembre 2016. (VOA/Ngouela Ngoussou)

ENS, établissement de l'université désert à cause de la grève, à Brazzaville, Congo, le 6 septembre 2016. (VOA/Ngouela Ngoussou)

C’est depuis trois mois que les étudiants de l’Université Marien Ngouabi, l’unique université publique du Congo-Brazzaville, ne font plus cours. Aucune activité académique n’a lieu sur les onze établissements et autres instituts de cette université, de plus en plus déserte depuis un trimestre, généralement consacré aux examens de fin d’année académique.

Sur place, le correspondant de VOA Afrique à Brazzaville explique l'origine de la grève.

D’abord les étudiants ont perturbé les cours pour réclamer le paiement de deux trimestres de bourse. Au moins 100.000 francs CFA sont versés à un étudiant moyen au titre de trois mois de bourse. Dans les écoles de formation comme l’ENS et dans les instituts comme la faculté de médecine, les étudiants touchent une bourse plus importante. Cet argent, attendu depuis le mois de mars, n’a jamais été versé.

En colère, les étudiants sabotent toute activité à l’université. Ils empêchent même que les nouveaux bacheliers fassent les inscriptions pour leur entrée à l’université. Ils ont réussi à faire échouer tous les programmes de concours d’entrée dans les écoles et instituts de l’université Marien Ngouabi, prévu pour le mois de septembre.

Les quelques curieux qui reviennent voir s’il y a un éventuel programme de relance de cours, sont totalement déçus. "Cela fait trois mois que nous n’avons pas fait cours. Les activités académiques devraient reprendre le 5 septembre, mais rien. C’est vraiment déplorable pour un pays si riche comme le Congo", regrette un étudiant en troisième année de philosophie à Bayardelle, à la faculté des Lettres.

En fait, après les étudiants, les enseignants aussi sont rentrés en grève depuis le 1er septembre. Ils réclament deux trimestres de subventions pour le fonctionnement de l’université. Avec cet argent, l’établissement arrive entre autres à payer les frais des enseignants vacataires. Ces derniers, sans salaires, constituent le noyau dur du mouvement de grève du personnel enseignant. Nombreux comptabilisent des arriérés des primes qui remontent de 2013.

Le mouvement des étudiants et élèves du Congo (MEEC) a mis la pression sur le gouvernement, demandant aux étudiants de rester chez eux si un des deux trimestres réclamés n’est pas versé. "Nous attendons se réaliser la promesse du ministre qui nous a assurés que dans un court délai la bourse sera payée. Pour l’heure, les étudiants restent chez eux, il n’y a pas cours", réaffirme Grâce Lendanga, président du MEEC.

A l’ULEECO, un autre syndicat des étudiants, le ton est plutôt au soutien du gouvernement. Le président de ce mouvement souhaite que la grève soit rapidement levée, car la bourse ne concerne qu’une infime partie des étudiants de Marien Ngouabi. "Le calendrier académique est perturbé, et nous craignons une année blanche. Nous souhaitons que le MEEC revienne à la raison et lève la grève qu’il a lancée", a exhorté Brejnev Assouaye, président national de l’ULEECO.

Entre-temps, les activités stagnent à l’université. Étudiants et enseignants durcissent leur mouvement, malgré les promesses du ministre de l’Enseignement supérieur, Bruno Jean Richard Itoua. Plusieurs étudiants venant des villes intérieures du pays sont repartis attendre l’amélioration de la situation chez eux au village, selon Bertael Mfouo Otsali, porte-parole de l’ULEECO.

Ngouela Ngoussou, à Brazzaville

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