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La Grèce et ses créanciers ont trouvé un accord


Euclide Tsakalotos (Giannis Kotsiaris/InTime News via AP)

Euclide Tsakalotos (Giannis Kotsiaris/InTime News via AP)

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a évoqué pour sa part "deux ou trois petites questions" restant à régler.

ATHENES (Reuters) - La Grèce et ses créanciers internationaux sont parvenus mardi après d'âpres négociations à un accord sur un nouveau plan d'aide destiné à permettra au pays de rester dans la zone euro et d'éviter une situation de défaut.

Au terme d'un marathon de 23 heures entamé lundi après-midi, les membres de la délégation grecque sont sortis épuisés de l'hôtel du centre d'Athènes qui abritait les pourparlers pour annoncer la nouvelle.

"Enfin, nous avons de la fumée blanche", a déclaré un responsable du ministère des Finances. "Un accord a été trouvé. Quelques détails mineurs font encore l'objet de discussions".

Le ministre grec des Finances, Euclide Tsakalotos, a évoqué pour sa part "deux ou trois petites questions" restant à régler.

Le montant du plan d'aide pourrait atteindre 85 milliards d'euros sur trois ans, selon un responsable du ministère grec des Finances, un diplomate européen évoquant lui aussi un montant du même ordre.

L'accord prévoit notamment un versement "immédiat" de 10 milliards d'euros à destination des banques grecques, qui seront recapitalisées d'ici la fin de l'année, selon le responsable grec.

La Commission européenne a confirmé pour sa part un accord de principe entre Athènes et ses bailleurs de fonds en précisant qu'il n'y avait pas encore d'accord politique sur ce nouveau plan d'aide.

Il faut un accord sur le plan de sauvetage avant le 20 août, date à laquelle Athènes doit rembourser un prêt de 3,2 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Les deux parties se sont entendues sur les objectifs budgétaires du programme de renflouement, en visant un excédent primaire (hors service de la dette) à partir de 2016.

La feuille de route ainsi définie prévoit un déficit primaire de 0,25% du produit intérieur brut en 2015, puis un excédent de 0,5% du PIB en 2016, de 1,75% du PIB en 2017 et de 3,5% du PIB en 2018, a précisé un responsable grec.

TSIPRAS COMPTE SUR L'OPPOSITION

La Grèce et les institutions représentant ses bailleurs de fonds - Commission européenne, BCE et Fonds monétaire international - ont réussi en outre à se mettre d'accord sur la création d'un fonds chargé de procéder aux privatisations et sur la manière de gérer les créances douteuses du secteur bancaire grec.

Ces deux dossiers ont longtemps constitué des points d'achoppement dans les négociations.

Avant de pouvoir recapitaliser totalement les banques, il faudra cependant attendre que la BCE termine ses tests de résistance des établissements, qui pourraient ne pas être achevés avant octobre.

Les responsables grecs espèrent que l'accord pourra être adopté mercredi ou jeudi par le parlement d'Athènes puis validé vendredi par les ministres des Finances de la zone euro.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, reste très critiqué au sein même de son parti, Syriza, dont certains membres lui reprochent d'avoir capitulé en acceptant les mesures d'austérité réclamées par les créanciers en échange d'une nouvelle aide financière.

Le chef du gouvernement, qui a été élu en janvier sur la promesse de combattre l'austérité, devra une fois de plus compter sur le soutien de l'opposition pour faire approuver ce plan par le parlement.

Les difficultés politiques sont loin d'être terminées pour Alexis Tsipras à l'approche du congrès de Syriza, en septembre, et le scénario d'élections anticipées n'est pas écarté.

La Bourse d'Athènes a ouvert en hausse après l'annonce de l'accord et prenait 1,36% vers 14h15, portée par le secteur bancaire, dont l'indice progressait de plus de 7%.

La nouvelle d'un accord entraîne également la baisse des rendements des obligations d'Etat grecques. Celui du papier à 10 ans recule de près de 90 points de base, passant ainsi sous la barre des 11%, à 10,28%.

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