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La Grèce en quête de logements à long terme pour les réfugiés


Un enfant debut derrière des barrières lors d'une manifestation sur les conditions de vie dans le camp de Oreokastro, près de la ville de Thessaloniki, Grèce, le 25 juin 2016.

Un enfant debut derrière des barrières lors d'une manifestation sur les conditions de vie dans le camp de Oreokastro, près de la ville de Thessaloniki, Grèce, le 25 juin 2016.

La Grèce a créé dans l'urgence des dizaines de camps pour y loger les quelque 47.000 migrants bloqués sur le continent après le verrouillage des frontières européennes, mais doit aujourd'hui trouver des solutions plus adaptées, beaucoup risquant de s'éterniser dans le pays.

"Au début nous n'imaginions pas qu'un si grand nombre de réfugiés resterait en Grèce", avoue à l'AFP une source gouvernementale qui souligne que les autorités oeuvrent actuellement à "améliorer le logement à long terme pour ces gens".

Sous la pression d'autres pays européens début mars, la Macédoine, juste au nord de la Grèce et première étape de "la route des Balkans" empruntée par un million de personnes depuis début 2015 pour gagner l'Europe du nord, a fermé sa frontière.

Pas loin de 50.000 personnes se sont alors retrouvées piégées dans un pays qui n'avait ni fonds ni structures pour les accueillir.

"A l'époque, la demande de logement était si urgente qu'il fallait rapidement créer de nombreuses places d'accueil", rappelle Katérina Kitidi, responsable de communication de la section grecque du Haut commissariat des réfugiés en Grèce.

Actuellement des réfugiés et migrants de diverses nationalités, surtout Syriens, Afghans ou Pakistanais, sont entassés dans des camps, montés dans l'urgence, souvent des casernes ou des usines désaffectées et transformées en centres d'accueil. Certaines sont jugées "inacceptables" par le Centre national de prévention des maladies (Keelpno).

La majorité de ces centres, où sont hébergées 35.000 personnes, sont situés dans des régions isolées de la Grèce du nord, où les réfugiés se plaignent souvent d'avoir difficilement accès à internet, et donc, aux services d'asile.

En juillet le Keelpno a recommandé la fermeture de certains camps et "l'intégration graduelle des réfugiés dans la société".

A cela s'ajoutent protestations et rixes fréquentes, et parfois fatales : en juillet un jeune Afghan a été tué par ses compatriotes lors d'une dispute dans le centre improvisé de Hellinikon, près d'Athènes, où habitent 3.000 personnes.

10.000 nouvelles places

"Dès septembre nous allons passer à la deuxième phase de la politique de logement, grâce à la poursuite du versement des fonds européens qui permettront de créer des structures plus permanentes", assure la source gouvernementale.

Odysséas Voudouris, secrétaire général du service de première réception, assure que "10.000 places dans de nouveaux camps seront prêtes d'ici fin septembre, comprenant des préfabriqués avec cuisine" où les réfugiés pourront préparer leurs propres repas.

"Environ 20.000 places des camps actuels seront supprimées", a-t-il précisé cette semaine sur la radio municipale d'Athènes.

Le HCR a prévu d'achever prochainement un programme de 20.000 places dans des appartements ou hôtels. Actuellement, 7.500 réfugiés appartenant surtout à des catégories vulnérables (familles, enfants non accompagnés ou handicapés) en bénéficient déjà.

Près de 3.000 personnes, vivent par ailleurs actuellement dans des squats, des bâtiments abandonnés d'Athènes ou Thessalonique (nord), gérés par des militants soutenant les migrants.

Si le gouvernement de gauche Syriza tolère ce genre d'initiative "du moment qu'elle ne crée pas plus de problème qu'elle n'en résout", les autorités locales ont mis en garde contre "les conditions d'hygiène déplorables" de ces centres.

Empêchés officiellement de sortir de Grèce par la fermeture des frontières nord, les réfugiés le sont aussi par la lenteur des procédures de relocalisation en Europe promises pourtant à la Grèce par le reste de l'UE, ou de regroupement familial, ainsi que des procédures de demande d'asile en Grèce.

"Au 30 juillet 2.681 personnes avaient été relocalisées dans d'autres pays de l'UE et en Suisse, ce qui ne représente que 4% du total prévu (66.400)" d'ici septembre 2017, note Mme Kitidi.

Selon le HCR, "la frustration est visible parmi les candidats à la relocalisation car les pays européens sont réticents à les recevoir".

Après l'accord UE-Turquie le 18 mars visant à renvoyer sous conditions des réfugiés en Turquie pour endiguer le flux migratoire vers l'Europe, les demandes d'asile ne cessent de se multiplier: 13.583 demandes avaient été déposées à fin mai dont 677 ont été acceptées, selon les derniers chiffres disponibles des autorités qui estiment que ce nombre a augmenté en juin et juillet.

Avec AFP

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