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La Grèce a puisé dans ses réserves au FMI pour le payer


(Reuters)

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Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré que la Grèce a un besoin "terriblement urgent" de liquidités, et qu'un accord avec ses partenaires de la zone euro est nécessaire.

ATHENES (Reuters) - La Grèce a puisé dans sa position de réserve au Fonds monétaire international pour rembourser lundi 750 millions d'euros qu'elle devait au FMI lui-même, a confirmé mardi un responsable de la banque centrale grecque.

Cette décision a permis au pays d'éviter de faire défaut sur une échéance à haut risque mais elle vient souligner sa situation financière difficile alors que les discussions en cours avec les partenaires de la zone euro n'ont toujours pas débouché sur un accord qui permettrait le déblocage d'une nouvelle tranche d'aide à Athènes.

La position de réserve est l'un des deux comptes auprès du FMI dont dispose chacun des 188 pays membres de l'institution, l'autre étant celui où est placée sa quote-part finançant le Fonds. Les pays membres ne peuvent y retirer de l'argent qu'avec l'autorisation de l'organisation internationale.

A Washington, un porte-parole du FMI a confirmé le remboursement des 750 millions mais s'est refusé à toute précision sur la transaction. "Nous ne publions pas d'informations sur les détails des transactions des pays membres avec le Fonds", a-t-il dit en réponse à une question.

Un responsable gouvernemental grec a dit à Reuters que la Grèce avait prélevé environ 650 millions d'euros sur la position de réserve afin de rembourser le prêt qui arrivait à échéance ce mardi. "Le gouvernement a aussi utilisé environ 100 millions de ses réserves de liquidités", a-t-il ajouté.

Le responsable de la banque centrale a précisé que la décision avait été prise à la suite de deux réunions la semaine dernière entre le gouverneur de l'institution, Yannis Stournaras, le vice-Premier ministre Yannis Dragasakis et le vice-ministre des Affaires étrangères Euclide Tsakalotos, qui depuis fin avril coordonne les négociations avec les créanciers internationaux sur la dette grecque.

UN BESOIN "TERRIBLEMENT URGENT"

"Le gouverneur de la banque centrale a soumis l'idée de prendre les 650 millions dans le compte de réserve, ce qui nécessitait l'autorisation du FMI", a dit le responsable en demandant à ne pas être identifié. "Le gouverneur Stournaras a fait le nécessaire avec le FMI et on a reçu leur feu vert samedi, ce qui a permis de débloquer le compte."

Ce compte de réserve, détenu à la Banque de Grèce, existe depuis 30 ans pour des besoins d'urgence, a-t-il ajouté.

Un autre responsable a assuré que la position de réserve serait reconstituée en "plusieurs semaines".

Grâce à de nouvelles dispositions législatives, l'Etat grec a pu collecter 600 millions d'euros auprès des collectivités territoriales et d'autres organismes publics pour maintenir provisoirement ses finances à flot, a dit le porte-parole du gouvernement mardi.

La Banque centrale européenne (BCE) a de son côté relevé à nouveau le plafond des liquidités d'urgence (ELA) versées au bénéfice des banques grecques, à 80 milliards d'euros, selon des sources bancaires.

Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré lundi que la Grèce avait un besoin "terriblement urgent" de liquidités. Il a ajouté qu'un accord d'ici deux semaines avec ses partenaires de la zone euro était nécessaire pour obtenir une nouvelle aide financière.

Les ministres des Finances de la zone euro réunis lundi à Bruxelles ont salué des progrès dans les négociations tout en soulignant la nécessité d'efforts supplémentaires pour surmonter les désaccords qui persistent.

La Grèce doit encore convaincre sur ses promesses de réforme pour obtenir le déblocage par ses créanciers internationaux - Commission européenne, FMI et BCE - d'une ultime tranche d'aide de 7,2 milliards d'euros, prévue par le plan d'aide internationale qui arrive à expiration fin juin.

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