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La fumée de bois de chauffe, problème de santé publique au Nigéria


L'usage intensif du bois de chauffe pour la cuisson des aliments entraine également la déforestation

L'usage intensif du bois de chauffe pour la cuisson des aliments entraine également la déforestation

Mis à part le paludisme et le SIDA, l’une des principales causes de mortalité au Nigéria reste les fumées associées à la cuisson des repas. Selon des activistes, près de 100 mille personnes meurent chaque année des séquelles de cette crise énergétique silencieuse, signale notre correspondante Heather Murdock.

Comme beaucoup de ses consœurs, Bola Abiola prépare les repas sur un petit four à bois de chauffage. Cet engin même que dénoncent aujourd’hui les activistes, qui le qualifient de tueur des ménagères, tout en fustigeant son impact néfaste sur l’environnement.

Ce n’est pas pour le plaisir que Bola Abiola emploie ce four. Elle estime ne guère avoir le choix. « Si nous utilisons le kérosène ou le charbon de bois, cela prend trop de temps pour faire cuire la nourriture et cela nous coûte beaucoup plus d'argent. Le bois de chauffage est ce qui est le meilleur pour nous, car il faut 30 minutes pour faire cuire quelque chose qui pourrait prendre une heure et demie » avec un autre carburant, explique Bola Abiola.

Mais selon les activistes, ces feux de bois dégagent des toxines, provoquent des infections aux yeux, endommagent les poumons et détraquent la santé cardiaque, renforçant l’incidence d’accidents cardio-vasculaires.

Hamzat Lawal travaille pour le Centre International pour l’énergie, l’environnement et le développement au Nigéria, l’une des ONG qui militent en faveur de fourneaux moins dangereux. Car les fours à bois de chauffe ne menacent pas seulement la santé des cuisinières, dit-il.

« Les mères portent les enfants sur leur dos. Et la fumée les affecte également. Ainsi, au fil du temps, nous perdons une partie de ces enfants suite aux séquelles de la fumée » explique Hamzat Lawal.

Impossible de passer à des fours électriques, vu les pénuries d’électricité au Nigéria qui font que les consommateurs n’y ont accès parfois que quelques heures par jour.

Mis à part les ménagères, les propriétaires de petits restaurants sont également menacés. Dan Malik vend de la viande grillée aux alentours d’Abuja, la capitale. La fumée l’engouffre toute la journée, les yeux lui piquent. Il comprend très bien le risque qu’il court. « Je suis conscient des effets à long terme mais je n'ai pas d'autres options parce que je n'ai pas d'autre commerce » explique le Nigérian.

Quant au gouvernement, il fait valoir que ces fours traditionnels ont également un impact désastreux sur l’environnement, alors que le Nigéria connait déjà l’un des taux de déforestation les plus élevés au monde.
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