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La France prête à aider le Burkina à connaître la vérité sur l’assassinat de Sankara


Thomas Sankara, l'ancien président burkinabè tué lors d'un putsch le 15 octobre 1987.

Le président de l'Assemblée nationale française Claude Bartolone a déclaré à Ouagadougou que la France "aidera le peuple burkinabè à connaitre tout de son passé", notamment sur l'affaire Thomas Sankara, l'ancien président burkinabè tué lors d'un putsch le 15 octobre 1987.

En octobre dernier, la justice burkinabè a transmis une commission rogatoire à la justice française pour l'audition d'un certain nombre de personnes, mais aussi pour demander la levée du secret-défense, afin de déterminer le rôle éventuel que la France, l'ancienne puissance coloniale, aurait pu jouer dans l'assassinat du "père de la révolution burkinabé".

"Ce dossier (Sankara) est un dossier qui concerne le Burkina Faso. Je comprends très bien que le peuple burkinabè souhaite faire la lumière sur cette affaire (...) Nous sommes aux cotés de la justice française pour qu'elle permette au peuple burkinabè de connaitre la vérité", a déclaré M. Bartolone, à l'issue d'une audience avec le chef du parlement burkinabè Salifou Diallo.

"La France aidera le peuple burkinabè à connaitre tout de son passé et de son histoire" a insisté le député socialiste.

De nombreux partisans du président Sankara pensent que la France a ourdi ou a pris part au coup d'Etat au cours duquel Thomas Sankara a été tué et qui porta au pouvoir l'ex-président Blaise Compaoré.

Des députés burkinabè et la veuve de Thomas Sankara, Mariam, ont réclamé en vain en 2015 à la France la levée du secret-défense et une enquête parlementaire.

Arrivé mercredi à Ouagadougou, M. Bartolone s'est dit "favorable à ce que la justice française puisse répondre à toutes les demandes qui émaneront de la justice du Burkina Faso pour qu'il n'y ait (pas) le moindre doute sur les relations qui doivent exister, y compris sur ce dossier, entre la France et le Burkina Faso".

"La justice doit faire son travail et la vérité doit triompher", a-t-il dit.

La semaine dernière, un député représentant les Français de l'étranger, Pouria Amirshahi, avait adressé une lettre au président François Hollande lui demandant d'ouvrir les archives françaises sur ce dossier.

Au total, quatorze personnes ont été inculpées pour leur rôle présumé dans l'assassinat du président Sankara. Blaise Compaoré, chassé par la rue le 31 octobre 2014 après 27 ans au pouvoir, s'est réfugié en Côte d'Ivoire où il est visé par un mandat d'arrêt après son inculpation pour "assassinat, recel de cadavre et attentat à la sûreté de l'Etat".

Avec AFP

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