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La France appelle à la libération de Boukary Daou


Le journaliste malien Boukary Daou

Le journaliste malien Boukary Daou

La France, par la voix de Philippe Lalliot, porte-parole du Quai d'Orsay, a appelé à la libération « immédiate » du journaliste malien Boukary Daou. Le directeur de publication du journal le Républicain est toujours incarcéré pour avoir publié une lettre ouverte d’un soldat mettant en cause le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l'ex-junte.

« La France exprime sa préoccupation suite à l'inculpation d'un journaliste malien pour incitation à la désobéissance. Elle appelle à sa libération immédiate», a déclaré M. Lalliot, qui est cité par l’Agence France Presse (AFP).

« La France rappelle son attachement à la liberté d'opinion et d'expression ainsi qu'à la liberté de la presse », a-t-il dit. « Le respect de ces libertés est un élément indispensable du retour à l'Etat de droit et de la réussite du processus de réconciliation nationale », a-t-il souligné, toujours selon l'AFP.

Les avocats de M. Daou attendent une décision de la justice sur son éventuelle mise en liberté. Ils se veulent prudemment optimistes.

« Notre client, Boukary Daou, dirige un journal connu de la place, il a un domicile connu au Mali, donc il présente de très fortes garanties de réprésentation. C'est-à-dire qu'il n’a aucune chance de s’enfuir » fait valoir Me Cheick Omar Konaré, avocat à Bamako.

« Les faits qu’on lui reproche sont connus. C’est un article qui est déjà publié. Il n’y a pas d’information judiciaire. Donc sa détention n’est pas nécessaire à la manifestation de la vérité » poursuit l’avocat. « Nous pensons que l’on peut obtenir sa mise en liberté provisoire en attendant son jugement sur le fond ».

D’où l’optimisme des avocats. « Il n’y a aucune raison de le maintenir en prison », ajoute Me Cheick Omar Konaré.

Les organisations de défense de la liberté de la presse ont dénoncé l’interpellation et l’incarcération de Boukary Daou.

L’ONG Comité de protection des journalistes (CPJ) rappelle que « la presse malienne a été confrontée à des menaces graves et inédites depuis le coup d’Etat de mars 2012, lorsqu’une junte, menée par le capitaine Sanogo a renversé le président Amadou Toumani Touré, quelques semaines avant l'expiration de son second et dernier mandat.

« Nous condamnons la décision d'un juge malien de poursuivre au pénal le journaliste Boukary Daou pour avoir publié un avis critique d'une politique publique », a déclaré Mohamed Keita, un responsable du CPJ à New York. « Nous demandons au procureur d'abandonner des actes d’inculpations qui criminalisent la liberté de la presse et la liberté d'expression. Daou devrait être libéré en attendant son procès » a poursuivi M. Keita.
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