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La France et l'ONU appellent à une trêve humanitaire immédiate à Alep en Syrie


Les ruines de la citadelle d'Alep classée par l'UNESCO, 3 juillet 2016.

Les ruines de la citadelle d'Alep classée par l'UNESCO, 3 juillet 2016.

L’Onu a réclamé une trêve humanitaire de 48 heures chaque semaine pour ravitailler les civils pris au piège à Alep. Ces appels font notamment suite au bombardement de quatre hôpitaux de la ville par le régime du président Bachar al-Assad.

Le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, a affirmé que la communauté internationale "ne peut pas laisser la partie est d'Alep devenir une nouvelle zone assiégée, et de loin la plus grande" zone soumise à un siège en Syrie.

La population de la partie est d'Alep, une zone contrôlée par des groupes rebelles et que le régime veut reconquérir, "risque d'être assiégée" et son ravitaillement en nourriture risque de se tarir dès la mi-août, a-t-il averti.

"Le temps presse", a-t-il averti, en qualifiant la tactique des sièges de villes de "médiévale et honteuse".

Il a "appelé les parties au conflit, et ceux qui ont une influence sur elles, à agir d'urgence pour instaurer une pause humanitaire de 48 heures chaque semaine" dans l'est d'Alep, de façon à assurer un accès humanitaire "régulier et sécurisé" aux quelque 250.000 civils habitant cette zone.

Cet appel "doit venir de vous, le Conseil de sécurité", a-t-il lancé aux ambassadeurs des quinze pays réunis pour un débat sur la situation humanitaire en Syrie.

L'ambassadeur français François Delattre avait auparavant comparé devant des journalistes la situation d'Alep à celle de Sarajevo pendant la guerre de Bosnie.

"Le Conseil de sécurité ne peut pas accepter que ces crimes de guerre -- oui des crimes de guerre -- se répètent", a lancé François Delattre en référence au récent bombardement d'hôpitaux.

"La France, a-t-il dit, appelle à une trêve humanitaire immédiate à Alep et dans la Ghouta (périphérie rurale de Damas) 20 ans après le siège de Sarajevo".

"Trop c'est trop", a affirmé l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft. Il a indiqué que le Conseil de sécurité réfléchissait à une initiative éventuelle pour répondre à la crise à Alep mais sans donner de détails.

Des bombardements ont touché ce week-end quatre hôpitaux de campagne et une banque de sang, provoquant notamment la mort d'un nouveau-né, décédé après la rupture de son alimentation en oxygène.

Tout en reconnaissant la nécessité "d'éviter une catastrophe humanitaire", l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a dénoncé "deux poids, deux mesures" dans le traitement de la crise en Syrie.

Il a estimé que "l'attention est concentrée de manière intentionnelle sur des zones où le gouvernement syrien mène une action anti-terroriste", alors que la coalition militaire menée par Washington en Syrie "a tué des dizaines de civils" dans ses opérations contre les djihadistes.

Ce à quoi l'ambassadrice américaine Samantha Power a répliqué que "la Russie est très, très mal placée pour accuser les Etats-Unis" alors qu'elle soutient les forces de Bachar al-Assad autour d'Alep en faisant preuve d'une "froide indifférence" vis-àvis des souffrances des civils.

Avec AFP

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