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La dernière messe en hommage à Papa Wemba avant son inhumation en RDC


Depuis lundi, les élus, les fans et les proches se succèdent pour dire un dernier au revoir au roi de la rumba.

Depuis lundi, les élus, les fans et les proches se succèdent pour dire un dernier au revoir au roi de la rumba.

Des milliers de Congolais ont rendu un dernier hommage à leur idole, le chanteur Papa Wemba, lors d'une messe en la cathédrale de Kinshasa avant son inhumation dans la périphérie de la capitale.

Au moins 2.000 personnes ont assisté à cette cérémonie en la mémoire de l'artiste à l'intérieur de la cathédrale Notre-Dame du Congo, et jusqu'à 10.000 personnes s'étaient massées souvent dès l'aube aux abords de l'édifice religieux, suivant l'office sur plusieurs écrans géants, a constaté une journaliste de l'AFP.

La circulation était complètement bloquée par une foule immense occupant la grande avenue bordant la cathédrale sur plus d'un kilomètre. Les milliers de personnes avaient bravé une chaleur accablante, dont nombre de jeunes, torses nus pour certains.

A l'intérieur de la cathédrale, plusieurs évêques, une soixantaine de prêtres, des membres de la famille de Papa Wemba et notamment ses enfants, des officiels, célébrités et anonymes, ont assisté à la cérémonie qui a pris fin vers 13H00 (12H00 GMT). La dépouille du chanteur doit ensuite être inhumée dans la périphérie de Kinshasa, à environ 80 km de la cathédrale.

Avant la célébration, le cardinal Laurent Monsengwo, le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) Mgr Nicolas Djomo et d'autres évêques se sont inclinés quelques minutes devant la dépouille du "roi de la rumba congolaise", auprès de sa veuve en pleurs. Le cercueil blanc était drapé du drapeau congolais.

"Depuis trois jours, comme un seul homme, le peuple congolais", l'Afrique et le monde "pleurent celui qu'il est convenu d'appeler le père de la rumba congolaise", a déclaré l'archevêque de Kinshasa, le cardinal Monsengwo, saluant également "les mérites" d'un "vaillant musicien".

De son côté, le gouverneur de Kinshasa et ami de longue date de Papa Wemba, André Kimbuta, a salué "un maître de l'art", un "homme de talent et de génie" et enfin, "l'homme du spectacle, mort en spectacle".

"Grand prêtre de la musique congolaise"

Dans cette oraison funèbre, entrecoupée tantôt de choeurs classiques tantôt d'extraits de succès du musicien, le gouverneur de Kinshasa a salué la mémoire "d'un grand prêtre de la musique congolaise", provoquant de nombreux sanglots dans l'assistance.

Papa Wemba est mort à 66 ans, en plein concert, dimanche 24 avril, alors qu'il participait au Festival des musiques urbaines d'Anoumabo (Femua), un quartier populaire d'Abidjan. Depuis son rapatriement en RDC, la dépouille a fait l'objet de nombreux hommages, chacun voulant saluer la star, sacrée héros national par le pouvoir lui-même.

Lors de ces trois jours de funérailles officielles, sa dépouille a ainsi été exposée lundi et mardi au Palais du peuple, siège du Parlement, où les travaux avaient été suspendus temporairement, et des milliers de personnes lui ont rendu hommage avec émotion. Des groupes musicaux et des comédiens ont notamment défilé sur les podiums montés dans l'enceinte du Palais qui n'a pas désempli durant ces deux jours.

Papa Wemba est un "digne fils de la RDCongo, la qualité de son oeuvre a fait de lui un citoyen du monde", a souligné dans son hommage Mgr Djomo, célébrant "un grand artiste qui a su s'adresser à toutes les catégories sociales". Le chanteur a véhiculé "le message d'amour, le message de paix et de réconciliation", a-t-il ajouté.

Voix haut perchée et personnalité flamboyante, le "rossignol" Papa Wemba était une des grandes figures de la rumba congolaise et le prince de la SAPE (Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes), mouvement dont il a été l'un des initiateurs au Zaïre dans les années 70 et qui se caractérise par des audaces vestimentaires.

Dès mardi, les Kinois avaient rivalisé d'ingéniosité pour mettre au point leurs banderoles en hommage au "baobab" ou encore au "chef coutumier", en référence au titre qu'il s'était lui-même donné dans son fief de Molokai, quelques rues au coeur du quartier populaire de Matonge, dans le centre de Kinshasa.

Avec AFP

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