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La défense de Bemba tente d'obtenir la peine la plus basse possible


Jean-Pierre Bemba entre la salle de la Cour pénale internationale, La Haye, 21 mars 2016

Jean-Pierre Bemba entre la salle de la Cour pénale internationale, La Haye, 21 mars 2016

Les débats sur le quantum de la peine à infliger à Jean-Pierre Bemba, chef de l’ex-mouvement rebelle, Mouvement de Libération du Congo (MLC), et ancien vice-président de la RDC, reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l'humanité en Centrafrique, se sont ouverts à CPI.

Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont mis en avant lundi à La Haye les circonstances atténuantes de leur client, jugé coupable des crimes commis par sa milice en Centrafrique, afin de convaincre la CPI de lui infliger la peine la plus basse possible.

Au terme d'un interminable procès ouvert en novembre 2010, les trois juges de la Cour pénale internationale (CPI) avaient reconnu le 21 mars l'ancien chef rebelle du nord de la République démocratique du Congo (RDC) coupable de cinq charges de crimes de guerre et crimes contre l'humanité en vertu du principe de la "responsabilité du commandant".

Mais le quantum de la peine de M. Bemba, 53 ans, ancien vice-président congolais, restait encore à fixer après de nouveaux débats. Ils se sont ouverts lundi et doivent s'achever mercredi. Durant ces trois jours d'audience, les juges entendront de nouveaux témoignages, les réquisitions du ministère public, ainsi que les plaidoiries de la défense.

Jean-Pierre Bemba encourt jusqu'à 30 ans de prison, voire la perpétuité si les juges estiment que l'"extrême gravité du crime" le justifie. Il a déjà passé huit années en détention.

Témoin cité par la défense, l'évêque catholique Fridolin Ambogo a cherché à démontrer lundi que Jean-Pierre Bemba et le MLC avaient joué un rôle dans l'établissement "de la paix et de la stabilité" dans la province de l'Equateur, au nord-ouest de la RDC.

Tout en affirmant ne pas avoir eu connaissance de ce qui se passait en Centrafrique, l'évêque a déclaré lundi que les forces du MLC avaient "enfin permis à la population de se sentir libre, parce que le MLC est venu reconstruire tout ce qui avait été détruit".

Le jugement le concernant rendu en mars est le premier de la CPI à condamner l'utilisation de viols et violences sexuelles en tant que crimes de guerre, le premier aussi qui condamne un chef militaire pour des atrocités commises non par lui mais par sa milice, et ce même s'il ne les a pas ordonnées.

Quelque 1.500 hommes du Mouvement de Libération Congolais (MLC), la milice dirigée par Jean-Pierre Bemba, s'étaient rendus en Centrafrique en octobre 2002 pour soutenir le président Ange-Félix Patassé, victime d'une tentative de coup d'Etat menée par le général François Bozizé. D'après le jugement de la CPI, jusqu'en mars 2003, les troupes du MLC ont commis un carnage en Centrafrique, où ils ont volontairement tué et violé des civils.

Avec AFP

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