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La croissance en Afrique, toujours entravée par la corruption


Transparency International et la corruption en Afrique sub-saharienne

Transparency International et la corruption en Afrique sub-saharienne

De l’avis des experts de la Banque africaine de développement (BAD), des Nations Unies (ONU) et de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), la Libye devrait connaitre le meilleur taux de croissance du continent en 2014, suivi de la Sierra Leone et de la Côte d’Ivoire. L’économie africaine connaitra un taux de croissance de 4,8 % en 2013, et de 5, 3 % en 2014, selon la BAD.

Malheureusement, cette croissance reste lourdement tributaire des exportations de matières premières, dont les prix pourraient se ressentir du ralentissement de l’économie mondiale.

Selon Eugene Owusu, du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), les pays africains doivent encore fournir un gros effort pour assurer un meilleur partage des richesses et une réduction accrue de la pauvreté.

« En ce qui concerne l'avenir, compte-tenu de l'ampleur du défi, le défi du développement auquel ce continent est confronté, il est absolument essentiel que l'Afrique approfondisse sa transformation structurelle. Ce qui est important, ce sont des États capables, ce qui est important, c'est un leadership efficace, et ce qui est important, c’est une gouvernance prudente à tous les niveaux » a dit M. Owusu.

Autres défis qui restent à relever : la promotion du tourisme, l’instabilité politique, et les retards dans l’assainissement de la gestion publique.


Justement, concernant la gouvernance, l’organisme Transparency International juge dans un nouveau rapport que les grands pays exportateurs du monde ne déploient pas suffisamment d'efforts pour empêcher les entreprises de se livrer à des actes de corruption à l'étranger, notamment en Afrique.
Le cacao est l'une des richesses de l'Afrique

Le cacao est l'une des richesses de l'Afrique


Le rapport de l'institution révèle qu'à peine 8 des 40 premiers pays exportateurs respectent la Convention de l'Organisation de coopération et de développement (OCDE) sur la corruption, signée en 1997. Cette entente vise à mettre un terme aux pratiques consistant à soudoyer des agents publics étrangers afin d'obtenir des marchés ou des licences, de contourner les lois en vigueur en matière de fiscalité ou d'échapper aux réglementations locales.

Dans une interview avec la Voix de l’Amérique, Mme Chantal Uwimana, directrice du département Afrique à Transparency International, a évoqué la contradiction entre les déclarations politiques des leaders de l’OCDE en faveur de la bonne gouvernance, et l’impunité avec laquelle les sociétés de certains pays de l’OCDE versent des pots de vins pour remporter des marchés.

« On a un certain nombre de pays où la mise en œuvre est limitée ou non-existante » a déclaré Mme Uwimana. Parmi les pays fautifs : la France, la Suède, le Canada ou encore l’Argentine. « C’est beaucoup de pays. On se rend compte en fait que près de la moitié des pays n’ont aucune mise en œuvre de la convention de l’OCDE contre la corruption », a-t-elle poursuivi.

Certains de ces pays sont très bien notés sur l’indice annuel de la perception de corruption publié par Transparency International. En d’autres mots, quand cela concerne la corruption sur leur territoire, ils sévissent. « Mais quand c’est la corruption à l’étranger, ils ferment les yeux sur ce que leurs nationaux font », explique Mme Uwimana.
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